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lundi 28 juillet 2014

Les Iffs Eglise Saint-Ouen

Les Iffs Eglise Saint-Ouen

C'est à deux pas de la maison, le village est le berceau d'une branche de la famille. De la ferme des grands-parents, on voit le porche et le clocher de l'église.


Le nom de la commune vient des ifs, arbres centenaires situés autour de l'Eglise. Elle est un démembrement de la paroisse primitive de Tinténiac.


Vestiges d'un premier édifice de la première moitié du 15e siècle dont subsistent : la porte occidentale, le gros-oeuvre du bras sud et sa porte, à l'exception des contreforts et de la baie, le mur sud de la 1ère travée du choeur et sa porte, au nord la fenêtre de l'ancienne chapelle de Montmuran et l'ancienne porte d'accès depuis le choeur ainsi qu'une partie du bras nord (chapelle de la Vierge) . 



photo JM Bergougniou

A la fin du 15e siècle, sous la famille de Laval, seigneur de Montmuran, construction du porche ouest, reconstruction de la nef, édification de la chapelle Saint-Yves au sud du choeur et remaniements aux bras du transept (contreforts ajoutés) . 


photo JM Bergougniou


Le chef-lieu de la seigneurie de Tinténiac était le château de Montmuran, célèbre dans l'histoire, fondé, comme nous l'avons dit, par Donoald de Tinténiac, avec l'autorisation de la première abbesse de Saint-Georges de Rennes, Adèle ou Adélaïde, soeur du duc Alain III. Ce château situé en la paroisse des Iffs, à environ 22 kilomètres de Rennes, était l'un des plus beaux et des plus forts de la région. Il fut néanmoins assiégé et pris par Connan le Petit, comte de Richemont, en 1155.

photo JM Bergougniou
Le château de Montmuran passa dans la maison de Laval par le mariage à Isabeau de Tinténiac, fille unique du héros des Trente, Jean de Tinténiac, avec Jean de Laval, en 1404. Elle lui apporta toutes les seigneuries de son père. Ils eurent une fille, Jeanne de Laval, qui épousa en premières noces le connétable Du Guesclin, dont elle n'eut pas d'enfant, et en secondes son cousin Guy XII, sire de Laval, mariage d'où naquit une fille Anne, mariée à Jean de Montfort, fils aîné de Raoul VIII, qui prit les armes de Laval et le nom de Guy XIII. Une descendante de cette maison, Charlotte de Laval, dame de Tinténiac et de Bécherel, épousa Gaspard de Coligny, amiral de France, et leurs descendants possédèrent ces domaines jusqu'à la Révolution.


Plan du clocher par Arthur Régnault



Vestiges de vitraux du milieu du 15e siècle et importante commande de la première moitié du 16e siècle attribuable au maître Michel Bayonne. 


photo JM Bergougniou

Ancien porche ossuaire, accolé à l'ouest du bras sud au début du 17e siècle, détruit après 1875. Remaniements ponctuels au 17e siècle (fenêtre du mur sud du choeur datée 1682) . l'ancien clocher de charpente à l'ouest qui portait la date de 1587 a été remplacé en 1867 par un clocher pignon de style néo-gothique cornouaillais dû a l'architecte Arthur Regnault.




L'entrée est précédée d'un porche assez vaste, composé de grandes arcades ogivales, « dont une sur le front avec pignon orné de crochets et d'une croix fleuronnée et flanquée de contreforts avec clochetons, et deux autres d'égales dimensions sur les flancs. 
Au fond de ce porche s'ouvre la grande porte, de forme ogivale et surmontée d'une archivolte très-simple, mais bien conduite. Sur les pieds-droits, des colonnettes arrondies portent une double frise composée de deux guirlandes de feuilles de chêne et de lierre terminées par des têtes humaines »


photo JM Bergougniou

Des représentations animales ornent les murs, le singe image du vice  muselant sa victime, le lion de Juda


Le Singe photo JM Bergougniou

La chapelle sud porte des galbes, des créneaux trilobés, des choux frisés, des gargouilles et des contreforts sculptés.

photo JM Bergougniou

photo JM Bergougniou

photo JM Bergougniou

photo JM Bergougniou

photo photo JM Bergougniou


Gargouille photo JM Bergougniou

Le lion photo JM Bergougniou




Saint Hubert photo JM Bergougniou

Saint Jean-Baptiste photo JM Bergougniou

La chapelle de la vierge photo JM Bergougniou

Au transept La chapelle de la Vierge au nord avec des grisailles du XVe siècle représentant Saint Fiacre, Saint Jean Baptiste et Saint Georges
et au bas, Sainte-Marguerite, Sainte Barbe  (1536) Sainte Anne et la Vierge en costumes hollandais

photo JM Bergougniou


au choeur la passion du Christ il faut lire les lancettes de bas en haut et de gauche à droite

cycle narratif : 



  • Passion (Entrée à Jérusalem, 
  • Expulsion des marchands du Temple, 
  • sainte Marie-Madeleine : dévouement, 
  • trahison : Judas, 
  • Lavement des pieds, Cène, 
  • Jardin des oliviers, 

  • Baiser de Judas, 
  • Jésus devant Anne, 
  • Jésus devant Caïphe, 
  • Jésus devant Hérode, 
  • Dérision du Christ, 
  • Flagellation du Christ, 
  • Couronnement d'épines, 
  • Jésus devant Pilate, 
  • Montée au Calvaire, 
  • Jésus cloué sur la Croix, 
  • Calvaire, Descente de Croix, 
  • Mise au tombeau) ; 
  • en encadrement (arcature, époque Renaissance) ; 
  • Jugement dernier (en majesté : Les cinq plaies, séparation : Archange, démon biblique)




La chapelle Saint Fiacre
En haut la Transfiguration du Christ,  entouré de Moïse et Elie, en bas les apôtres Pierre, Jean et Jacques,
la décollation de Saint Jean-Baptiste et en bas à droite, la Dame de Laval donatrice du Vitrail


photo JM Bergougniou

photo JM Bergougniou

Elie photo JM Bergougniou


photo JM Bergougniou

Décapitation de Saint Jean Baptiste photo JM Bergougniou


La verrière représente la passion du Christ 

photo JM Bergougniou

Il est composé de 4 lancettes trilobées où 5 registres se répartissent de haut en bas, et d'un tympan à 9 ajours. Il a été offert par Guy XVI de Laval, dont les armoiries figuraient à l'origine au bas des lancettes latérales.

La Chapelle seigneuriale de Montmuran

photo JM Bergougniou

Sur la verrière de gauche, la nativité, 





photo JM Bergougniou



la circoncision,

photo JM Bergougniou

photo JM Bergougniou

la présentation de Jésus au temple


photo JM Bergougniou
la prophétie de Siméon

photo JM Bergougniou

photo JM Bergougniou

 Les rois Mages

photo JM Bergougniou

photo JM Bergougniou

photo JM Bergougniou


La Chapelle Saint-Yves

photo JM Bergougniou

photo JM Bergougniou



Saint-Yves, patron des avocats, entre le riche (François de Coligny - 1587 - fils de l'amiral) et le pauvre.
À sa droite, le pauvre avec son fils et peut-être sa femme : tête nue, visage émacié, il tend son placet témoignant de la justesse de sa cause, et Yves Hélory se tourne vers lui et tend la main vers ce document. Curieusement, le sac, en forme d'aumônière à gland, qui pend au poignet du pauvre surprend par son caractère luxueux.

photo JM Bergougniou

De l'autre coté, c'est, plus qu'un riche, un grand Seigneur entouré des siens. Il est coiffé d'un bonnet à plumet, porte un collier en chaînons d'or, il est vêtu de culottes bouffantes à large ruban doré, d'un court manteau violet doublé de fourrure sur une veste d'apparat aux manches à crevés et au col blanc et or. Ce seigneur porte l'épée à la ceinture ; c'est un haut personnage, un noble, alors que les "riches" de l'iconographie courant semblent d'avantage appartenir à la classe des bourgeois marchands. Il porte la barbe courte qui s'est imposée à la Cour depuis François Ier. 

François de Coligny photo JM Bergougniou


Le site de l'Inventaire régional signale qu'on a pu reconnaître dans les traits du riche un portrait de Gaspard de Coligny, seigneur de Montmuran après son mariage avec une héritière de la maison de Montmorency-Laval. Le site topic-topos décrit le "riche" "en costume hollandais typique du XVIe siècle, représenté sous les traits de François de Coligny, fils de l'amiral assassiné la nuit de la Saint-Barthélemy. La pièce d'or porte la date de 1587, ce qui donne à penser que François de Coligny a fait restaurer ou du moins réparer le vitrail, en effet le visage et la main du riche y figurant avaient pu être brisés, peut-être lors des affrontements des guerres de Religion."



Le pauvre photo JM Bergougniou

photo JM Bergougniou

photo JM Bergougniou

on lisait une inscription sur cette pièce d'or : CARLES DE VALO, évoquant Charles de Blois, prétendant au trône de Bretagne qui fit canoniser le saint en 1347. On y lisait aussi la date de 1587, dont on hésite à faire la date de création, ou seulement de restauration, du vitrail.




Conversion de Saint-Paul
Paul terrassé par la vision du Christ est conduit pars ses compagnons à Damas. 
Né juif mais pétri de culture grecque, Saül /Paul était citoyen romain, et c'est ainsi qu'on comprend son costume d'officier romain et la présence anachronique de l'aigle bicéphale.
En ce qui concerne le décor on parle de Dinan mais aussi "la prise de Mantes par Du Guesclin", le drapeau jaune et rouge chargé d'une aigle éployée de sable rappelant l'écusson de l'illustre connétable : d'argent à l'aigle éployée de sable, membrée et becquée de gueules, à la cotice de même brochant. Du Guesclin avait épousé l'héritière du château de Montmuran, Jeanne de Laval.

Selon Roger Barrié, ce vitrail, attribué à un atelier vitréen de 1550-1560, fait référence à l'école de Fontainebleau par le dynamisme de sa composition, le traitement des arrières-plans en sanguine, grisaille et jaune d'argent, et le traitement des costumes. Il ajoute que "l'usage de grandes pièces de verres, l'abus des sanguines, les verres gravés, et même l'aigle bicéphale sont révélateurs d'un style identique à celui de la verrière de la Passion à Champeaux près de Vitré".

Les verres gravés en question sont ceux des cuirasses rouges pontuées de points blancs gravés.

L'atmosphère violente de l'arrière-plan, où des bandes armées parcourent la campagne autour de villes fortifiées, évoque celle des guerres de religion (1562-1598).

photo JM Bergougniou


Il est décrit actuellement depuis l'article d'A. Svahn de 1930 comme la Conversion de saint Paul sur le chemin de Damas à la tête d'une troupe armée : Saül est renversé avec son cheval par l'effet de l'apparition du Christ et de ses anges, tels qu'ils apparaissent dans la partie supérieure. Né juif mais pétri de culture grecque, Saül /Paul était citoyen romain, et c'est ainsi qu'on comprend son costume d'officier romain et la présence anachronique de l'aigle bicéphale.
photo JM Bergougniou

photo JM Bergougniou

photo JM Bergougniou


Les auteurs du dossier de l'Inventaire, déjà cité, sont formels : cette date est trop tardive pour cette composition qu'ils datent de 1550, "franchement Renaissance avec recherche de l'effet monumental, traitement des visages en modèles larges et peu appuyés, caractéristique d'une époque où la peinture sur verre se rapproche de la peinture sur chevalet".

La chaste Suzanne


l'histoire de la chaste Suzanne se lit non pas de gauche à droite mais, cette fois, de haut en bas. Cette dernière est en costume hollandais rappelant l'origine flamande des cartons, avec ses servantes, puis au bain, épiée par les deux vieillards, elle refuse ensuite leurs propositions et est accusée par eux d'adultère ; l'intervention de Daniel retournera l'accusation contre les vieillards, qui seront lapidés.
photo JM Bergougniou

L'histoire est racontée en douze médaillons.  Les vitraux sont l'oeuvre de Baionne Michel  (peintre-verrier) entre 1540 et 1550

scènes (accusation : adultère, sainte Suzanne, vieux, en encadrement : arcature, époque Renaissance) ; bain : malveillance ; bain : poursuite ; accusation : adultère ; arrestation ; sentence : vieux ; grâce : Daniel ; déposition : vieux ; interrogatoire : vieux ; châtiment judiciaire : vieux ; supplice : vieux ; lapidation : vieux


photo JM Bergougniou

Suzanne est en costume Hollandais



photo JM Bergougniou

Voir aussi :

http://tinteniac-blog.blogspot.fr/2013/06/une-visite-leglise-des-iffs.html


photos (c) JM Bergougniou