Bon sang j'suis en retard!

jeudi 9 novembre 2017

Les Oubliés de l'île Saint-Paul Film et conférence à Hédé le 18 novembre à partir de 17h00 salle de la cantine Municipale

Les Oubliés de l'île Saint-Paul 
Film et conférence à Hédé le 18 novembre 

à partir de 17h00 salle de la cantine Municipale 





Le film de Jean-François Pahun sera suivi d'un débat avec la Présidente de l'Association des Oubliés de Saint-Paul et avec la fille de l'un des survivants, Maryvonne Le Huludut.


L’Ile Saint-Paul est un volcan dont le cratère est envahi par la mer. Les eaux environnantes sont riches en poissons et en langoustes (Jasus paulensis).  L’histoire des Oubliés de Saint-Paul est liée à celle des Frères Bossière, fils d’un des derniers armateurs à la pêche à la baleine du Havre.



Les frères Bossière ont pour ambition de coloniser les îles australes françaises (Kerguelen, îles Saint Paul et Amsterdam). Leur première demande date d'avril 1893. Le 31 juillet 1893, ils obtiennent la concession des Kerguelen puis ils demandent l'autorisation d'exploiter les îles Saint-Paul et Amsterdam.



En août 1928 la filiale " La Langouste française " est créée. Dans la région de Concarneau, Pont-Aven et Trégunc sont recrutés des pêcheurs, des ouvriers de conserverie, sertisseurs, soudeurs, mécaniciens, menuisiers, au nombre de vingt-neuf.


Sur l'île marins et ouvriers jouent avec un albatros 

Sous les ordres de Alfred Caillé, administrateur de la société, et Pierre Presse, directeur de l’usine, celle-ci est montée très rapidement, donne des résultats encourageants mais insuffisants pour couvrir les investissements.


A remplir les cuves avec de l'eau chaude sortant des entrailles de l'île

Une deuxième campagne (1929-1930) est lancée sur les mêmes bases que la première mais
une centaine d’ouvriers malgaches, hommes et femmes, complète l’équipe.
Le 4 octobre 1929, vingt-neuf bretons dont 6 femmes mariées, débarquent de l’Austral à Saint-Paul.  À l’issue de la campagne (3 mars 1930), des volontaires sont recherchés pour assurer le gardiennage et la maintenance du site. Ils sont sept à accepter cette tâche, entendu qu’ils seraient ravitaillés durant cet hiver austral par des bateaux de passage. 


Les Malgaches traitent les langoustes 

Plusieurs éléments vont faire que cet hivernage va devenir une tragédie : un poste de radio inefficace et tombé en panne, incendie de la cambuse et perte d’une partie des vivres, absence de formation médicale et aux premiers soins, absence de vivres frais, de fruits et légumes, refus de la banque d’armer un bateau pour approvisionner l’île… 


Carnet de voyages  l'île vue de la mer  JMB

Louise Le Brunou, enceinte, donnera naissance sur l’île à une petite Paule qui y décédera à l’âge de deux mois. Victimes du scorbut ou de disparition en mer, quatre des gardiens de l’île y décéderont dans une lente agonie :

·Paule Le Brunou, née le 26 mars 1930, morte le 20 mai 1930·Manuel Puloc’h, manoeuvre, décédé le 20 juillet 1930·François Ramamonzi, cuisinier, décédé le 22 août 1930·Victor Le Brunou, manoeuvre, décédé le 1er septembre 1930·Pierre Quillivic, sertisseur, péri en mer  le 27 octobre 1930·Louise Le Brunou, survivante·Julien Le Huludut, mécanicien, survivant ·Louis Herlédan, dit Le Merdy, manoeuvre, survivant.

L'usine au fond du cratère 

Le 6 décembre 1930, le navire l’Ile Saint-Paul touchera l’île pour découvrir les trois survivants. La Langouste française, attaquée par les familles des décédés et par les survivants, bien que condamnée en appel, ne paiera jamais les indemnités qu’elles auraient dû verser.




Jean-Michel Bergougniou
Vice-président de l’association « Faire vivre le souvenir des Oubliés de Saint-Paul » 


1 commentaire:

  1. très belle conférence et film très émouvant sur un drame des années 1930

    RépondreSupprimer