Bon sang j'suis en retard!

Archives du blog

mardi 5 août 2014

Tinténiac le Monument aux Morts Hector Jacomet Bretagne Ille et Vilaine déplacement

Tinténiac le Monument aux Morts

Inauguré le 14 mai 1922 ou le 11 juin 1922 selon Ouest-Eclair le monument aux morts de la guerre de 1914-1918 a été conçu par l'architecte Edmond Eugène Mantrand de Saint-Servan (plans approuvés le 16 novembre 1921).





Les travaux de taille de granite ont été confiés à Jules Hignard, entrepreneur demeurant à Lanhélin (granite provenant de la carrière de Chauffetière en Saint Pierre de Plesguen) tandis que la statue de bronze a été fournie par M. Jacomet, entrepreneur à Villedieu dans le Vaucluse.







Le prix total du monument s'est élevé à 22 000 francs. La grille qui entourait le monument a été enlevée.




Pendant la Grande Guerre, un certain nombre d’industriels s’est enrichi dans les fabrications de guerre.


Après Guerre, d’autres commerçants vont trouver une nouvelle "mine d’or" : l’art funéraire et la célébration des Morts pour la France. Des monuments aux Morts vont être fabriqués "en série".





Parmi ces "spécialistes", les établissements H. Jacomet proposent un "poilu" aux communes.









ETABLISSEMENTS  
H. JACOMET

VILLEDIEU  
(Vaucluse)
Villedieu, le 10 juin 1920

Monsieur le Maire,

Nous avons l’honneur de vous remettre, ci inclus, un
Projet de MONUMENT COMMEMORATIF pour les soldats de votre Commune morts à la Grande Guerre, au cas où votre choix ne serait pas encore définitivement fixé.



Nous appelons votre attention sur le travail que nous vous offrons, en fonte de fer ciselée, bronzée au four et patinée incomparable comme beauté et solidité.

Le délai de livraison est de trois mois maximum.

Si notre offre vous intéresse, nous vous serons obligés de vouloir bien nous en informer le plus tôt possible. Les
circonstances actuelles d’instabilités des cours et la hausse
constante des fontes et aciers ne nous permettant pas d’assurer
le prix de 3000 francs au-delà du 10 juillet prochain. Les
conventions passées avec notre fonderie, au prix actuel, ne sont valables que pour un mois. En conséquence, les commandes fermes qui nous parviendront d’ici au 10 juillet;inclus, seront livrées au prix de 3000 fr. franco d’emballage.

Passé cette date, une majoration du prix est annoncée.

De part et d’autre, il y a donc intérêt à faire inscrire sa Commande sans retard.

Veuillez agréer, Monsieur le Maire, nos biens distinguées salutations.
H. Jacomet.


Dimensions du bas du socle du « Poilu » : 0.14X0.41

Poids : 200 à 220 kilos.

Délai de livraison : 3 mois environ.

« Le poilu »

D’un caractère exclusivement commémoratif de gloire et d’héroïsme, ce monument est de nature à satisfaire tous les goûts et toutes les tendances.

Qu’il soit érigé sur une place publique, dans un square ou au cimetière, il est d’une allure imposante : et, dans sa simplicité, ce monument représente exactement ce que l’on veut qu’il représente.

Le projet que nous soumettons conviendra, nous en sommes certains, au plus grand nombre, parce qu’il est grandiose et simple en même temps.

Ce « Poilu » est en fonte de fer ciselée

Notre modèle est établi dans une seule grandeur de 1 m 60.
TON BRONZE PATINÉ FONTE DE FER CISELEE ET BRONZEE AU FOUR
Absolument inaltérable


Au prix unique de 3.000 francs
(Franco d’emballage, port dû)


photo JM Bergougniou

Nous pouvons livrer aussi, sur demande, ce même « Poilu », en ton pierre de taille
ou peint couleurs naturelles. Mêmes prix et conditions.

La fonte de fer, inutile de le dire, est d’une résistance sans égale. Lorsque la pierre de taille et même le marbre auront subi les altérations du temps, la fonte sera toujours
intacte et aussi belle qu’au jour de l’inauguration. Les générations passeront devant le monument sans que la moindre atteinte des intempéries l’ait effleuré, et ceci est un point
capital sur lequel nous attirons tout particulièrement l’attention.
PIEDESTAL

Le piédestal peut-être fait sur place, par les tailleurs de pierres ou maçons du pays, avec plus ou moins d’embellissement, selon les ressources dont on dispose.


MONUMENTS DIVERS

Nous nous chargeons de l’exécution de tous projets de monuments, sur plan ou croquis donnés, en pierre dure ou tendre ou en marbre : R.F., Palmes, Croix de Guerre en bronze
Patiné garanti. -Plaques de marbre gravées, etc…- Prix et devis sur demande.


La Carrière de la Chauffetière





La Carrière de granite aurait été créée en 1825 (tradition orale).


En 1835, la carrière du bois de la Chauffetière fournit les pierres de taille nécessaires à la construction de l'écluse du Châtellier, située sur le canal d'Ille-et-Rance.

Elles sont alors choisies dans les bancs les plus durs et les plus sains.


En 1884, la carrière, appartenant à Mlle Collibeaux, est dirigée par M. Hignard qui va l'acquérir et fonder sa propre entreprise en 1929 sous le nom de Société Hignard Jules et fils (SARL au capital de 525 000 f).



En 1948, trois carrières composent le site. Distantes de 100 à 150 m, elles sont reliées aux divers ateliers de taille et de polissage par un trolley électrique qui y achemine les blocs de pierre.


En 1971, l'activité concerne l'extraction de granite, la taille pour les monuments funéraires, la sculpture, les travaux publics, les travaux maritimes et la décoration. Le granite, de couleur bleue, provient de la région mais aussi de Suède et de Norvège.

La production s'élève à 300 m3/mois. Les débouchés concernent pour 90 % le marché français (hors Bretagne) et pour 10 % le marché extérieur : il est exporté au Royaume-Uni, en Italie, en Belgique et en Allemagne.




En 1929, mention de huit moteurs électriques et d'une bouchardeuse électrique. En 1971, le matériel de production comprend un thermojet air et fuel, ainsi qu'une barre de carrière perfomatic Hignard. L'établissement Hignard Granit est toujours en activité.
En 1910, la carrière emploie soixante-deux ouvriers, cent cinquante en 1948 et quatre-vingt en 1971.


sources :

Ville d'Eu

Renoux Dominique, "Quelques fabriques", dans Monuments de mémoire, Les monuments aux morts de la Première Guerre mondiale, Paris, Mission aux commémorations, 1991, p. 142

http://patrimoine.region-bretagne.fr/sdx/sribzh/main.xsp?execute=show_document&id=MERIMEEIA35000468

dimanche 3 août 2014

L'Hôpital de Tinténiac en 1915

Trouvée il y a de longues années dans une brocante, une carte photo représentant les blessés de l'hôpital de Tinténiac avec leur médecin.


Ce cliché a été pris devant l'école libre où se situait l'hôpital
Le texte 
La carte photo est datée sur le recto est du 15 février 1915 date du cliché et le verso avec le texte est datée du 25 février 1915



La carte postale est située par l'inscription avant la date "Tinténiac"
La carte a été expédiée sous pli car elle ne comporte aucune adresse. L'expéditeur transmettant ses amitiés à Madame Bellier, tout laisse penser que le destinataire est Monsieur Bellier.


L'expéditeur envoi son "meilleur souvenir" avec sa "gueule et celles de quelques uns de mes poilus à l'hôpital de l'école libre". Oû se trouvait alors l'école libre? Salle Du Guesclin?

Qui est l'auteur de cette carte? 

L'officier au centre la photo qui pourrait être un médecin militaire? ou alors le civil moustachu et barbu à ses côtés?

je pencherai fortement pour ce dernier, l'expéditeur est certainement de la région, il pourrait être un médecin civil réquisitionné.

Des animations sont organisées pour les blessés comme l'annonce l'expéditeur en envoyant le programme d'un concert organisé par lui-même. Ce programme ne nous est par parvenu malheureusement.
Il précise que la recette a été de près de 300 francs.

Il demande plus loin à son ami si "Monsieur le Curé" aurait quelque pièce pour soldats. Il envisage donc de nouvelles activités pour occuper ses patients.


Nous sommes en février, de nombreux poilus portent un cache-nez tricoté, certainement confectionné par des oeuvres locales féminines, cachant le numéro du régiment. Un seul col est visible portant le numéro 10. Parmi les blessés deux chasseurs (à pied) portant le béret traditionnel (la tarte).


Malheureusement ce document n'est pas signé…


L'annexe de Tinténiac dépendait de RENNES : Centre de chirurgie de 1er ordre dont dépendaient plusieurs annexes

  • -Hôpital militaire Ambroise Paré 
  • -hôtel dieu 
  • -annexe de Tinténiac 
  • -annexe de Pléchatel 
  • -annexe de la caserne du cloitre (1914-1923) 

    L'hôpital auxiliaire de Tinténiac occupait deux classes à l'école des garçons.

    Extrait de la réunion du Conseil Municipal de Tinténiac en date du 19 Novembre 1916 "... à la même séance M. le Président expose au Conseil municipal qu'il a reçu une lettre de M. le Médecin chef de l'hôpital militaire de Rennes le priant de provoquer une délibération du conseil l'autorisant à recevoir la somme de 196 Francs pour remise en état des deux salles de l'école publiques des garçons de Tinténiac ayant servi d'annexe à l'hôpital militaire de Rennes..."
Reprenant un article de Ouest-France du 11 novembre 2008 parlant de l'Hôtel Dieu et de l'annexe de Tinténiac

Pendant la Grande Guerre, Rennes était une vraie ville-hôpital. Écoles, facultés, casernes, hôtels et même grand séminaire avaient été mobilisés.
Ce matin, les autorités civiles et militaires se recueilleront au Panthéon rennais avant le début de la prise d'armes. « Sur les murs sont inscrits les 936 noms des soldats rennais morts pour la France pendant la Grande Guerre... » rappelle le livret Parcours de mémoire diffusé à l'usage des enseignants.

Tant de morts, mais combien de fois plus de blessés, rennais, bretons ou d'ailleurs ? Un Vitréen, Yves Connen, a recensé les établissements sanitaires ayant reçu des blessés à Rennes et aux alentours pendant la guerre 14-18. Un travail remarquable. « Ces établissements ont été progressivement mis en place pour faire face aux urgences » souligne-t-il.

À Rennes

Rennes, ville de l'état-major du 10e Corps d'armée de l'armée de Terre (Manche Ille-et-Vilaine et Côtes-du-Nord) était un « centre de chirurgie de premier ordre ». On trouvait également une infirmerie à la gare où l'on répartissait les victimes.

Rennes était aussi une ville hôpital. Avec l'hôpital militaire Ambroise-Paré, auquel était rattachée la 10e section des infirmiers militaires, cantonnée rue Vaneau et à l'abattoir... L'hôpital Ambroise-Paré a fermé au milieu des années 90 (restructurations décidées par l'ancien ministre de la Défense, François Léotard).

L'Hôtel-Dieu, avec des annexes à Pléchâtel et Tinténiac, fut également investi. « Puis une toute une série d'hôpitaux complémentaires créés pour faire face à l'urgence et au déferlement des blessés », note Yves Connen.

Il y avait le lycée de garçons avenue de la Gare (lycée Zola aujourd'hui), le collège Saint-Vincent et l'école Notre-Dame, annexe à la Providence, la clinique Sagesse et les hôtels Texier et Oberthur (principal centre neurologique).

À la fac de lettres

La faculté des lettres et la clinique Sainte-Anne (560 lits) disposaient d'un service d'appareillage hydrothérapique et de chirurgie maxillo-faciale (265 lits).

La caserne Mac-Mahon (abandonnée par l'armée de Terre en 2001) en lien avec l'hôpital Ponchaillou était un dépôt de convalescents et un centre ophtalmologique ; elle disposait d'annexes au collège Saint-Martin et rue du Manège. Comme l'école normale des jeunes filles avec une annexe à la clinique Sainte-Anne, bd de la Duchesse Anne.



L'école des Beaux-Arts, rue Hoche, faisait office de dépôt de convalescents. Le lycée de jeunes filles rue Jean-Macé (annexe chez les Spiritains à Piré-sur-Seiche) l'école nationale d'agriculture, rue de Saint-Brieuc, la faculté de droit, place Saint-Melaine (150 lits) accueillaient aussi des blessés.

D'autres étaient aussi acheminés rue Saint-Hélier (aujourd'hui ND-de-Lourdes) dans la salle des fêtes du CPB, rue de Paris, à l'hôtel des Trois-Croix, à l'école Sainte-Geneviève, faubourg de Nantes, à Ponchaillou, à l'école située bd de la Liberté, « pour les Belges » précise Yves Connen.

Le lycée de Coëtlogon, La Providence et Ponchaillou (ORL) le Vieux-Cours, pour les mutilés avaient été mobilisés en même temps que l'hospice Saint-Yves, le grand séminaire, rue de Brest avec des annexes à Hédé et Pléchâtel, la clinique Sainte-Anne, bd Volney et l'école normale, route de Saint-Malo.

Et aux alentours

Bruz était un dépôt de convalescents, Corps-Nuds une annexe de l'hôpital civil de Janzé, dans les locaux de la gendarmerie ; Hédé un hôpital auxiliaire géré par la société de secours aux blessés militaires ; Janzé un hôpital civil. A Piré-sur-Seiche, au château des Pères (spiritains), « on a accueilli les très grands blessés pour le calme... ».

On soignait aussi à Mordelles, à Saint-Méen-le-Grand (là aussi des blessés belges principalement) et Saint-Pern (chez les Petites Soeurs des Pauvres, Tour Saint-Joseph).

sources
Ouest-France


samedi 2 août 2014

TINTENIAC Le Pont à l'abbesse Libération août 1944 Américains

Le 2 août 1944 les Américains arrivent à Tinténiac


Deux résistants Alexis Cadoudal et de Charles Hiroux sont arrêtés par les Allemands le 24 juillet 1944.


Les deux hommes faisaient partie des groupes de résistants qui harcelèrent à la veille de la libération de Tinténiac. Arrêtés dans le bourg par la milice, ils furent emmenés vers le bois d'Houssemagne et abattus.

Deux victimes des Miliciens sont identifiées O-F 27-09-1944)

Le 24 juillet un cultivateur de Tinténiac trouvait au Bois d'Houssemagne deux cadavres affreusement défigurés. Le maire, accompagné des gendarmes de St-Domineuc. constatait que les deux jeunes gens avaient été tués avec des mitraillettes. Aucun papier ne permit d'identifier les victimes.


Ces jours derniers, un gendarme de Hédé, crut reconnaître le signalement de deux compagnons de résistance : Alexis Cadoudal, instituteur né en 1922 à Bulat-Pestivien, domicilie a Dinan, et Charles Hiroux, 21 ans, originaire de Rueil-Malmaison, camouflé aux environs de Dinan.

Les deux Jeunes gens gagnaient Rennes le 24 juillet lorsqu'ils furent rejoints par une auto dont les occupants, des miliciens, leur offrirent une place. Quelques minutes plus tard, ils étaient lâchement assasinés.

Aux parents de ces deux victimes, nous présentons nos bien vives condoléances.


l'avance américaine en Bretagne



Une fois Avranches tombée aux mains des Américains, elle continua sa marche vers le sud – sa mission était d’isoler la péninsule bretonne.
La IIIe armée américaine, celle du Général Patton arrive en Bretagne le 31 juillet. 
deux soldats allemands devant l'église de Tinténiac

Le 1er Août la 6e DB fut attachée à la 3e Armée du Général Patton ayant pour objectif la ville de Brest en Bretagne. 


La Sister Division de la 6e DB, la 4e Division blindée avait quant à elle pour objectif la capture des villes de Rennes et de Lorient.
 Le 1er août, elle traversa le Couesnon, dépassa Rennes le 4 et libéra Châteaubriant dans la soirée. Le 5, elle se retourna vers l’ouest et se scinda en deux colonnes : au nord, le CCB, par Malestroit et Baud, atteignit Pont-Scorff le 7 ; au sud, le CCA libéra Redon, Vannes et Auray, avant d’opérer sa jonction avec le CCB. Les opérations en Bretagne se terminèrent avec la libération de Nantes, le 12 août.


C'est le 212e bataillon d'artillerie de campagne blindé qui va entrer dans Tinténiac.

212th Armored Field Artillery Battalion

Carte détaillée des route suivies par le  212th Armored Field Artillery Battalion
Itinéraire au mois d'août 1944 de la 212th AFA

1 -- Antrain
2 -- Combourg, Tinteniac, Becherel, Quedillac
3 -- St. Meen-la-Grand, Mauron
4 -- St. Jouen-de-Lisle, La Trinite-Porhoet, Pontivy, Guemene-Scorff5 -- Gourin, Landeleau, Huelgoat, La Feuillee
7 -- Thegonnec, Bodilis, Plouneventer, Kersaint-Plabennec
8 -- Gouesnou
9 -- Plouvien
10 -- Plabennec
14 -- Lesneven, Landivisiau, Comanna, Huelgoat, Landeleau, Gourin, Le Faouet, Arzano, Pont-Scorff
28 -- Plouay, Baud, Vannes, Redon
29 -- Nozay, Cande, Angers, Bauge
31 -- Chateau-Renault, Vendome, Beaugency, Bucy



L'arrivée sur Tinténiac 

Les "Combat Command" suivent des routes parallèles pour atteindre Evran et Dinan.

Les Allemands fuient emmenant les vélos, les chevaux, les quelques véhicules disponibles. Le mardi 1er août, ils quittent Tinténiac.


les familles du Pont à l'abbesse  Hamon, Limoux, Salan, ...
Au Pont à l'Abbesse, devant la maison de M. et Mme Hamon, Marie  De l'Ausnes et Marie Hamon en robe noire assises à sur le pare-choc de la JEEP,

Dans la matinée du 2 août, un camion de l'organisation Todt avec état-major et personnel s'arrête dans le haut du bourg. Les Allemands ont arrêté un jeune résistant Albert Tostivint qu'ils vont torturer.

Un groupe de 55 résistants envisage d'attaquer le convoi en début d'après-midi.


Contrairement aux idées reçues les Américains ne sont pas arrivés par la RN 137, la route de Rennes, mais par la route de Combourg et la Basse-forêt.



Still as part of Combat Command A, the 212th left its Avranches positions at 1500 August 1, moving south through and past Avranches and then westward to cut the Brittany Peninsula in two. Nightfall found the battalion at Antrain after an uneventful day. Combourg, Tinteniac, Becherel and Quedelac sped by swiftly the next day, and the day after came St. Meen-la-grand and Mauron. The battalion itself did not reach Mauron on August 3, but took positions about two miles north of the town when resistance held up the advance of the column.
http://www.super6th.org/MA212TH/2121BRIT.HTM



Les premiers éléments arrivent au Pont à l'Abbesse vers 14 heures.  Le tout Tinténiac est sur la rue avec drapeau et fleurs, même selon certains, des collaborateurs et collaboratrices connus qui applaudissent ... avec quelques réticences, faisant contre mauvaise fortune, bon coeur.

Sur l'aile de la Jeep, Simone Hamon-Brugallé , Marie Salan, Thérèse Limoux-Chauvin, Madame Cognard et  une des ses filles devant l'épicerie du Pont à l'Abbesse

La présence des Allemands est signalée au chef du détachement. 

Une poche de résistance Allemande se cache dans le parc, rue Félicité Lamennais. Les Allemands avaient ramené Albert Tostivint qui, lui, a été blessé à Pleugueneuc. Il gisait par terre sur la ligne des tirs. 
A quelques-uns de Tinténiac, nous décidions d’aller chercher Albert Tostivint sous les balles de chaque camp. Nous le ramenons sur un échelon de charrette à la maison la plus proche, chez Mlle Veaucel. C’est là qu’Albert Tostivint succomba à ses blessures.

Deux Allemands sont tués .


La résistance locale aura, elle aussi, en ce jour de liesse générale, un mort à déplorer. Ce jeune héros est de Paramé : Il s'agit de Louis Desnos, âgé de 19 ans, un pur de la Résistance à qui souriait le plus brillant avenir.

Jeudi 3, vendredi 4 : Les Groupes de Résistance de Tinténiac procèdent au nettoyage des environs : 150 prisonniers environ au tableau de chasse. Beau travail à l'actif du groupe local qui arrêta en outre plusieurs miliciens et dénonciateurs connus et qui sut se servir des «Minen » en maintes occasions !
Sur la photo :Jules Salan devant le restaurant,  en haut à gauche Marie Hamon du Pont à l'Abbesse, Simone Hamon-Brugallé agenouillée devant elle, les soeurs Limoux-Chauvin, 

Notre Libération (O.F. -28-08-1944)
Samedi 5 : Obsèques solennelles du jeune Louis Desnos. Levée du corps a la Mairie où était érigée la chapelle ardente. Foule Immense, parmi laquelle nous avons remarqué : le Maire, la Municipalité, le Groupement Municipal Patriotique, les dirigeants et les membres des F. F. I., les anciens combattants, sapeurs-pompiers, etc., etc... Un char de fleurs suivait le corbillard.
Notre Libération (O.F. -28-08-1944)
Dimanche 6 : Réception des Autorités américaines à la Mairie, où fut servi un vin d'honneur. Des toasts furent portés à cette occasion par le commandant Le Do et par le chef local des F.F.I. Un cortège se forma ensuite derrière les groupes de F.F.I. pour se rendre au Monument aux Morts et y déposer une gerbe de fleurs.

photos : collection Annick Brugallé

lundi 28 juillet 2014

Les Iffs Eglise Saint-Ouen Ille et Vilaine Bretagne église Arcjitecture Montmuran Du Guesclin Coligny Laval

Les Iffs Eglise Saint-Ouen


C'est à deux pas de la maison, le village est le berceau d'une branche de la famille. De la ferme des grands-parents, on voit le porche et le clocher de l'église.


Le nom de la commune vient des ifs, arbres centenaires situés autour de l'Eglise. Elle est un démembrement de la paroisse primitive de Tinténiac.


Vestiges d'un premier édifice de la première moitié du 15e siècle dont subsistent : la porte occidentale, le gros-oeuvre du bras sud et sa porte, à l'exception des contreforts et de la baie, le mur sud de la 1ère travée du choeur et sa porte, au nord la fenêtre de l'ancienne chapelle de Montmuran et l'ancienne porte d'accès depuis le choeur ainsi qu'une partie du bras nord (chapelle de la Vierge) . 



photo JM Bergougniou

A la fin du 15e siècle, sous la famille de Laval, seigneur de Montmuran, construction du porche ouest, reconstruction de la nef, édification de la chapelle Saint-Yves au sud du choeur et remaniements aux bras du transept (contreforts ajoutés) . 


photo JM Bergougniou


Le chef-lieu de la seigneurie de Tinténiac était le château de Montmuran, célèbre dans l'histoire, fondé, comme nous l'avons dit, par Donoald de Tinténiac, avec l'autorisation de la première abbesse de Saint-Georges de Rennes, Adèle ou Adélaïde, soeur du duc Alain III. Ce château situé en la paroisse des Iffs, à environ 22 kilomètres de Rennes, était l'un des plus beaux et des plus forts de la région. Il fut néanmoins assiégé et pris par Connan le Petit, comte de Richemont, en 1155.


photo JM Bergougniou
Le château de Montmuran passa dans la maison de Laval par le mariage à Isabeau de Tinténiac, fille unique du héros des Trente, Jean de Tinténiac, avec Jean de Laval, en 1404. Elle lui apporta toutes les seigneuries de son père. Ils eurent une fille, Jeanne de Laval, qui épousa en premières noces le connétable Du Guesclin, dont elle n'eut pas d'enfant, et en secondes son cousin Guy XII, sire de Laval, mariage d'où naquit une fille Anne, mariée à Jean de Montfort, fils aîné de Raoul VIII, qui prit les armes de Laval et le nom de Guy XIII. Une descendante de cette maison, Charlotte de Laval, dame de Tinténiac et de Bécherel, épousa Gaspard de Coligny, amiral de France, et leurs descendants possédèrent ces domaines jusqu'à la Révolution.


Plan du clocher par Arthur Régnault



photo JM Bergougniou
Vestiges de vitraux du milieu du 15e siècle et importante commande de la première moitié du 16e siècle attribuable au maître Michel Bayonne. 



Ancien porche ossuaire, accolé à l'ouest du bras sud au début du 17e siècle, détruit après 1875. Remaniements ponctuels au 17e siècle (fenêtre du mur sud du choeur datée 1682) . l'ancien clocher de charpente à l'ouest qui portait la date de 1587 a été remplacé en 1867 par un clocher pignon de style néo-gothique cornouaillais dû a l'architecte Arthur Regnault.








L'entrée est précédée d'un porche assez vaste, composé de grandes arcades ogivales, « dont une sur le front avec pignon orné de crochets et d'une croix fleuronnée et flanquée de contreforts avec clochetons, et deux autres d'égales dimensions sur les flancs. 





Au fond de ce porche s'ouvre la grande porte, de forme ogivale et surmontée d'une archivolte très-simple, mais bien conduite. Sur les pieds-droits, des colonnettes arrondies portent une double frise composée de deux guirlandes de feuilles de chêne et de lierre terminées par des têtes humaines »


photo JM Bergougniou

Des représentations animales ornent les murs, le singe image du vice  muselant sa victime, le lion de Juda



Le Singe photo JM Bergougniou















La chapelle sud porte des galbes, des créneaux trilobés, des choux frisés, des gargouilles et des contreforts sculptés.


photo JM Bergougniou


photo JM Bergougniou


photo JM Bergougniou


photo JM Bergougniou


photo photo JM Bergougniou



Gargouille photo JM Bergougniou


Le lion photo JM Bergougniou


Saint Hubert photo JM Bergougniou
photo JM Bergougniou


Saint Jean-Baptiste photo JM Bergougniou
La chapelle de la vierge 
photo JM Bergougniou



Au transept La chapelle de la Vierge au nord avec des grisailles du XVe siècle représentant Saint Fiacre, Saint Jean Baptiste et Saint Georges

et au bas, Sainte-Marguerite, Sainte Barbe  (1536) Sainte Anne et la Vierge en costumes hollandais









au choeur la passion du Christ il faut lire les lancettes de bas en haut et de gauche à droite

cycle narratif : 



  • Passion (Entrée à Jérusalem, 
  • Expulsion des marchands du Temple, 
  • sainte Marie-Madeleine : dévouement, 
  • trahison : Judas, 
  • Lavement des pieds, Cène, 
  • Jardin des oliviers, 
Baiser de Judas, 
Jésus devant Anne, 
Jésus devant Caïphe, 
Jésus devant Hérode, 
Dérision du Christ, 
Flagellation du Christ, 
Couronnement d'épines, 
Jésus devant Pilate, 
Montée au Calvaire, 
Jésus cloué sur la Croix, 
Calvaire, Descente de Croix, 
  • Mise au tombeau) ; 
  • en encadrement (arcature, époque Renaissance) ; 
  • Jugement dernier (en majesté : Les cinq plaies, séparation : Archange, démon biblique)



La chapelle Saint Fiacre


photo JM Bergougniou
En haut la Transfiguration du Christ,  entouré de Moïse et Elie, en bas les apôtres Pierre, Jean et Jacques,
la décollation de Saint Jean-Baptiste et en bas à droite, la Dame de Laval donatrice du Vitrail




photo JM Bergougniou


Elie photo JM Bergougniou


photo JM Bergougniou


Décapitation de Saint Jean Baptiste 
photo JM Bergougniou


La verrière représente la passion du Christ 



photo JM Bergougniou

Il est composé de 4 lancettes trilobées où 5 registres se répartissent de haut en bas, et d'un tympan à 9 ajours. Il a été offert par Guy XVI de Laval, dont les armoiries figuraient à l'origine au bas des lancettes latérales.








La Chapelle seigneuriale de Montmuran


photo JM Bergougniou

Sur la verrière de gauche, la nativité, 







photo JM Bergougniou

la circoncision,


photo JM Bergougniou

photo JM Bergougniou

la présentation de Jésus au temple



photo JM Bergougniou
la prophétie de Siméon


photo JM Bergougniou


photo JM Bergougniou


 Les rois Mages


photo JM Bergougniou


photo JM Bergougniou


photo JM Bergougniou


La Chapelle Saint-Yves


photo JM Bergougniou


photo JM Bergougniou

Saint-Yves, patron des avocats, entre le riche (François de Coligny - 1587 - fils de l'amiral) et le pauvre.
À sa droite, le pauvre avec son fils et peut-être sa femme : tête nue, visage émacié, il tend son placet témoignant de la justesse de sa cause, et Yves Hélory se tourne vers lui et tend la main vers ce document. Curieusement, le sac, en forme d'aumônière à gland, qui pend au poignet du pauvre surprend par son caractère luxueux.



photo JM Bergougniou

De l'autre coté, c'est, plus qu'un riche, un grand Seigneur entouré des siens. Il est coiffé d'un bonnet à plumet, porte un collier en chaînons d'or, il est vêtu de culottes bouffantes à large ruban doré, d'un court manteau violet doublé de fourrure sur une veste d'apparat aux manches à crevés et au col blanc et or. Ce seigneur porte l'épée à la ceinture ; c'est un haut personnage, un noble, alors que les "riches" de l'iconographie courant semblent d'avantage appartenir à la classe des bourgeois marchands. Il porte la barbe courte qui s'est imposée à la Cour depuis François Ier. 


François de Coligny photo JM Bergougniou

Le site de l'Inventaire régional signale qu'on a pu reconnaître dans les traits du riche un portrait de Gaspard de Coligny, seigneur de Montmuran après son mariage avec une héritière de la maison de Montmorency-Laval. Le site topic-topos décrit le "riche" "en costume hollandais typique du XVIe siècle, représenté sous les traits de François de Coligny, fils de l'amiral assassiné la nuit de la Saint-Barthélemy. La pièce d'or porte la date de 1587, ce qui donne à penser que François de Coligny a fait restaurer ou du moins réparer le vitrail, en effet le visage et la main du riche y figurant avaient pu être brisés, peut-être lors des affrontements des guerres de Religion."




Le pauvre photo JM Bergougniou


photo JM Bergougniou


photo JM Bergougniou

on lisait une inscription sur cette pièce d'or : CARLES DE VALO, évoquant Charles de Blois, prétendant au trône de Bretagne qui fit canoniser le saint en 1347. On y lisait aussi la date de 1587, dont on hésite à faire la date de création, ou seulement de restauration, du vitrail.


Conversion de Saint-Paul
Paul terrassé par la vision du Christ est conduit pars ses compagnons à Damas. 
Né juif mais pétri de culture grecque, Saül /Paul était citoyen romain, et c'est ainsi qu'on comprend son costume d'officier romain et la présence anachronique de l'aigle bicéphale.
En ce qui concerne le décor on parle de Dinan mais aussi "la prise de Mantes par Du Guesclin", le drapeau jaune et rouge chargé d'une aigle éployée de sable rappelant l'écusson de l'illustre connétable : d'argent à l'aigle éployée de sable, membrée et becquée de gueules, à la cotice de même brochant. Du Guesclin avait épousé l'héritière du château de Montmuran, Jeanne de Laval.

Selon Roger Barrié, ce vitrail, attribué à un atelier vitréen de 1550-1560, fait référence à l'école de Fontainebleau par le dynamisme de sa composition, le traitement des arrières-plans en sanguine, grisaille et jaune d'argent, et le traitement des costumes. Il ajoute que "l'usage de grandes pièces de verres, l'abus des sanguines, les verres gravés, et même l'aigle bicéphale sont révélateurs d'un style identique à celui de la verrière de la Passion à Champeaux près de Vitré".

Les verres gravés en question sont ceux des cuirasses rouges pontuées de points blancs gravés.

photo JM Bergougniou


L'atmosphère violente de l'arrière-plan, où des bandes armées parcourent la campagne autour de villes fortifiées, évoque celle des guerres de religion (1562-1598).

photo JM Bergougniou

Il est décrit actuellement depuis l'article d'A. Svahn de 1930 comme la Conversion de saint Paul sur le chemin de Damas à la tête d'une troupe armée : Saül est renversé avec son cheval par l'effet de l'apparition du Christ et de ses anges, tels qu'ils apparaissent dans la partie supérieure. Né juif mais pétri de culture grecque, Saül /Paul était citoyen romain, et c'est ainsi qu'on comprend son costume d'officier romain et la présence anachronique de l'aigle bicéphale.


photo JM Bergougniou


photo JM Bergougniou



Les auteurs du dossier de l'Inventaire, déjà cité, sont formels : cette date est trop tardive pour cette composition qu'ils datent de 1550, "franchement Renaissance avec recherche de l'effet monumental, traitement des visages en modèles larges et peu appuyés, caractéristique d'une époque où la peinture sur verre se rapproche de la peinture sur chevalet".

photo JM Bergougniou

La chaste Suzanne
l'histoire de la chaste Suzanne se lit non pas de gauche à droite mais, cette fois, de haut en bas. Cette dernière est en costume hollandais rappelant l'origine flamande des cartons, avec ses servantes, puis au bain, épiée par les deux vieillards, elle refuse ensuite leurs propositions et est accusée par eux d'adultère ; l'intervention de Daniel retournera l'accusation contre les vieillards, qui seront lapidés.

L'histoire est racontée en douze médaillons.  Les vitraux sont l'oeuvre de Baionne Michel  (peintre-verrier) entre 1540 et 1550


photo JM Bergougniou


scènes (accusation : adultère, sainte Suzanne, vieux, en encadrement : arcature, époque Renaissance) ; bain : malveillance ; bain : poursuite ; accusation : adultère ; arrestation ; sentence : vieux ; grâce : Daniel ; déposition : vieux ; interrogatoire : vieux ; châtiment judiciaire : vieux ; supplice : vieux ; lapidation : vieux



Suzanne est en costume Hollandais



photo JM Bergougniou

Voir aussi :



http://tinteniac-blog.blogspot.fr/2013/06/une-visite-leglise-des-iffs.html


photos (c) JM Bergougniou