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vendredi 8 mai 2026

Tinténiac 8 mai 2026 Des nouveaux noms sur le monument aux morts Jules Victor Bernard Torpillage du Medjerda

 Tinténiac 8 mai 2026  Des nouveaux noms sur le monument aux morts Jules VicTor Bernard Torpillage du Medjerda


Il y a 109 ans presque jour pour jour un drame se déroulait au large des côtes espagnoles... une tragédie selon la presse de l'époque!

Le 11 mai 1917 la Méditerranée semblait presque paisible. La mer était calme, l’air doux, et sur le pont du paquebot Medjerda, les passagers tentaient d’oublier un instant la guerre qui ravageait l’Europe depuis bientôt tant années. Des soldats chantaient, un petit concert improvisé faisait sourire les voyageurs secoués par le roulis, tandis qu’au loin une petite balancelle espagnole dérivait tranquillement dans la lumière du soir. Quelques minutes plus tard, le décor basculait dans l’horreur.



Une torpille lancée par un sous-marin allemand éventra brutalement le navire. Les chaudières explosèrent. Le Medjerda sombra en deux minutes et demie seulement. Dans les cris, la vapeur et les débris, des centaines d’hommes, de femmes et de militaires furent précipités dans une mer devenue tombeau. Sur les 623 passagers embarqués, plus de la moitié périt dont 

BERNARD Joseph Jules Victor, né le 25 février 1885 à Tinténiac (Ille-et-Vilaine), Soldat de 2e classe, Matricule n° 03.024, classe 1905, n° 2.283 au recrutement de Rennes

Parmi eux se trouvait Jules-Victor Bernard.

Né en 1885, Jules-Victor Bernard avait répondu à la mobilisation dès le début de la Grande Guerre. Il participa d’abord aux combats en Belgique avant d’être envoyé au Maroc pour des opérations de maintien de l’ordre dans un contexte colonial encore instable. Comme tant de soldats de cette génération, il avait traversé les fronts, les départs précipités, les traversées interminables et l’incertitude quotidienne. En ce mois de mai 1917, il rentrait en permission lorsqu’il embarqua à bord du Medjerda. Il ne devait jamais revoir les siens. Il avait 32 ans.

"La Medjerda mit deux minutes et demie pour couler. M. Héraut rapporte que dans le naufrage du bateau il fut sauvé par M. Collet, imprimeur à Sidi-Bel-Abbès, mutilé de guerre.

Il ajoute que cinq minutes après le coup de torpille le sous-marin s’éloignait, emmenant prisonnier le lieutenant et traînant à sa remorque la balancelle espagnole.

« Nous restâmes sur notre radeau sauveur, jusqu’au lendemain 10 heures, au moment où un bateau anglais nous aperçut et vint à notre secours. Nous sommes débarqués à Port-Vendres où la population, qui

connaissait déjà notre torpillage, nous accueillit chaleureusement. »"


Le torpillage du Medjerda provoqua une émotion immense en France comme en Afrique du Nord. Très vite, les journaux parlèrent de « piraterie allemande ». Des survivants racontèrent qu’une embarcation espagnole se trouvait à proximité immédiate avant l’attaque. D’autres affirmèrent que des marins allemands avaient été aperçus dans des ports espagnols les jours précédents. 




Les rumeurs enflèrent aussitôt : certains accusèrent les autorités espagnoles d’avoir fermé les yeux sur les activités des sous-marins allemands en Méditerranée. Vérité, propagande de guerre ou simples coïncidences tragiques ? Plus d’un siècle après, le mystère demeure partiellement entier.

Le sous-marin responsable appartenait à cette flotte de U-Boote allemands qui, en 1917, menaient la guerre sous-marine à outrance contre les navires alliés. Invisibles et redoutés, ces bâtiments transformaient la mer en piège permanent. Chaque traversée devenait une loterie funèbre où un simple sillage pouvait annoncer la mort.

Et pourtant, malgré le drame, malgré les centaines de victimes et malgré le sacrifice de Jules-Victor Bernard, son nom resta longtemps absent ou ignoré des mémoires officielles. Pendant des décennies, aucun passant devant le monument aux morts ne pouvait deviner qu’un enfant du pays avait disparu dans le naufrage du Medjerda.



En ce 8 mai, journée de mémoire et de paix, une plaque sera enfin posée pour lui rendre hommage. Plus d’un siècle après sa disparition, Jules-Victor Bernard retrouve sa place dans l’histoire collective et dans la mémoire des siens. Ce geste tardif mais essentiel rappelle qu’au-delà des grandes batailles et des chiffres terribles de la Grande Guerre, chaque nom gravé raconte une vie interrompue, un destin brisé et une famille qui attendit en vain le retour d’un des siens.


Sources

L'Ouest-Eclair

Le Roussillon

L'Akhbar 1er juin 1917

Le Midi-Colonial

L'Action algérienne

Le Matin 21 mai 1917

El Diario 24 mai 1917