Bon sang j'suis en retard!

Archives du blog

dimanche 12 avril 2015

Ange Collet "Mort en Mer" monument aux morts de Tinténiac 26/2/1916


Torpillage du Croiseur auxiliaire Provence II : un Tinténiacois à bord












Le monument aux morts de Tinténiac est en cours de déménagement. Il sera déplacé de 20 mètres pour l'aménagement d'un rond-point. Il a été inauguré en 1922.
La base est en granite de Lanhélin, des carrières de Jules Hignard, la statue du poilu est réalisée en fonte de fer bronzé à partir d'un travail du sculpteur Camus de Toulouse.

la fonte esr réalisée par les établissement Jacomet de Villedieu dans le Vaucluse.













                                                                                                              



Parmi les noms portés sur le monument se trouve celui du caporal Collet Ange né le 26 mars 1893 à Tinténiac et décédé en mer le 26 février 1916 lors du torpillage du croiseur auxiliaire PROVENCE II par le sous-marins U-35
(avant dernier nom de la colonne de gauche)
















L'U-35 est l'un des premiers à être équipé par deux moteurs Diesel, en remplacement des moteurs à huile lourde qui équipaient précédemment les sous-marins, lui permettant la navigation en surface. Ainsi, il peut parcourir un peu plus de 8 500 milles à 16 nœuds. En plongée, deux moteurs électriques lui permettent d'atteindre cinq nœuds sur une distance de 150 kilomètres.



Mesurant 64 mètres de long, il est équipé de 4 tubes lance-torpilles ; deux à l'avant et deux à l'arrière. Il peut transporter 6 torpilles. Il possède un canon de 105 millimètres sur son pont.
Quatre commandants gouvernèrent à sa destinée :Du 3 novembre 1914 au 12 novembre 1915, Waldemar Kophamel Du 13 novembre 1915 au 16 mars 1918 Lothar von Arnauld de la Perière Du 17 mars 1918 au 13 août 1918 Ernst von Voigt Du 14 octobre 1918 au 11 novembre 1918 Heino von Heimburg


 


Jusqu'au 1er août 1915, il fit partie de la flotte allemande en mer du Nord. Le 23 août, en provenance d'Heligoland, il arriva au port de Cattaro enMéditerranée. En tout, le U-35 effectua 17 patrouilles durant lesquelles il coula 224 bateaux, ce qui est un record absolu qui ne fut jamais atteint depuis.


Le 26 février 1916, alors qu’il se rend à Salonique avec à son bord un contingent de 2 000 militaires dont un important détachement du IIIe Régiment d’Infanterie Coloniale, 400 hommes d’équipage et environ 200 chevaux et mulets de l’armée, le croiseur auxiliaire Provence II est torpillé à tribord au large du cap Matapan (Grèce), en Méditerranée, par le sous-marin allemand U 35. Seuls 870 hommes ont survécu à ce naufrage.


L'Ouest-Eclair


Jugement par le tribunal de Cherbourg


République Française,


Au nom du peuple Français Le Tribunal Civil de Première Instance de l'arrondissement de Cherbourg a dans son audience publique du vingt-trois Août mil neuf cent dix-sept, rendu le jugement dont suit la teneur .



Le Tribunal ouï Monsieur Blaizot Juge en son rapport, le ministère Public Entendu et après en avoir délibéré conformément à la loi.


Vu la requête présentée par Monsieur le procureur de la république, les faits y exposés et les pièces à l'appui. Attendu que le vingt-six février mil neuf cent seize le croiseur auxiliaire Provence II allant de Toulon à Salonique a été torpillé par latitude trente-six degrés N et longitude vingt-un degrés quinze Est (greenwich) qu'il a coulé en quelques minutes et qu'une partie seulement de l'équipage et des troupes embarquées comme passagers a pu se réfugier sur les canots ainsi que sur les radeaux ou il furent recueillis le lendemain par les bâtiments de la division des patrouilles.






Attendu que les circonstances de la catastrophe, l'éloignement de la côte et que le fait que les patrouilleurs ont croisé sur les lieux du sinistre longtemps après, ne laissent aucun doute sur la réalité de la mort des disparus, dont il y a lieu de constater judiciairement le décès. Attendu que par jugement en date du vingt sept Février mil neuf cent dix-sept, le Tribunal de ce siège a constaté le décès de cent trente-neuf marins victimes de ce naufrage, que depuis lors le département de la guerre a communiqué au Ministre de la Marine une première liste de militaires disparus au nombre de sept cent soixante-onze en demandant qu'elle fut dés maintenant soumise au Tribunal compétent, une seconde liste devant faire l'objet d'un autre envoi lorsque tous les renseignements d'état civil auront pu être réunis :





Attendu d'autre part qu'il résulte de constatations récemment faites, que la liste dressée à Cherbourg le sept septembre mil neuf cent seize qui a servi de base au jugement du vingt-sept février et qui indiquait comme marin passager manquant Monsieur le capitaine de Vaisseau Reveille a omis de mentionner un second officier de vaisseau également passager et disparu,




Monsieur le lieutenant de Vaisseau Capin. Par ces motifs Déclare constants par suite de leur disparition en mer le vingt-six février mil neuf cent seize dans le naufrage de la Provence II: le décès des sept cent soixante-douze personnes dont les noms suivent et dont la disparition a été déclarée conformément à l'article quatre vingt-huit du code civil par Monsieur le Ministre de la Marine, le vingt quatre avril mil neuf cent dix sept...



Trouvé sur internet cette lettre d'un des rescapés Alexandre Gautier

Ile de Mitylène, le 6 mars 1916
Mon cher Frère
Tu as du apprendre le torpillage du croiseur auxiliaire La Provence. J’étais avec 2 200 camarades comme passager a bord de ce beau bateau de 3 000 tonnes, 191 m de long pour un premier voyage.
J’avais bien choisi le hasard à voulu que je n’y reste pas c’est bien le hasard car beaucoup de malheureux qui savaient nager ont péri, et moi qui étais blessé ne sachant pas nager du tout je me suis sauvé.
Au moment du torpillage (le Samedi 26 Février - 3 h du soir ) j’étais couché dans mon hamac, nous marchions à petite allure 12 nœuds alors qu’on aurait pu marcher 20 nœuds ce qui nous aurait sauvé car le navire a été atteint tout à fait à l’arrière. Je lisais tranquillement tout à coup une explosion sourde le bateau tresaille. Je n’ai pas mis longtemps à me sortir de la cale et grimper sur le pont. Je vais sur le pont avant ; tout le monde était déjà sur pied. Je cours à l’emplacement des ceintures de sauvetage ; il n’y en avais plus a ce moment les officiers passaient parmi nous et disaient que ce n’était qu’un coup de canon, l’espoir nous venais le bateau marchait toujours.








Je me penche hors du bastingage et je vois l’arrière qui s’enfonçais peu à peu. Un nègre qui était à côté de moi quitte sa ceinture de sauvetage et s’en va disant « c’est rien, c’est rien ». Je t’assure que je n’ai pas mis dix seconde a bondir dessus et à monter sur le pont supérieur de l’avant, dans ma précipitation à la mettre je la casse je l’ai réparée, tant bien que mal et j’ai attendu ; sur le pont avant supérieur c’est à dire à l’extrémité du bateau nous étions 200 massés la j’étais assez calme, je cherchais un moyen de sauter dans un des canots qu’on mettait à la mer hélas ces canots qui pouvaient contenir 80 personnes étaient charger du triple ; te décrire les scènes d’ horreur qui se sont passées est impossible. les canots a l’eau chaviraient les autres canots qui arrivaient écrasaient la plupart des malheureux qui étaient à l’eau et puis le bateau s’enfonçait toujours avec plus de rapidité.





Alors l’explosion des machines qui a tué encore quelque centaines d’hommes. le bateau était tout debout, tu vois la position que j’occupais cramponé à l’avant. Je me suis laissé engloutir avec le bateau, le remous de l’eau m’a envoyé au moins a 10m au fond. Aussitôt j’ai remonté a la surface, je commençais a respirer maintenu par ma ceinture, mais aussitôt je reçois un coup sur la tête et aller encore un voyage au fond. Je me croyais bien perdu heureusement que je suis remonté encore sans m’évanouir, et le hasard a voulu que je me trouve à portée d’un radeau, la j’ai pu respirer j’ai regardé l’endroit ou dix minutes avant flottait un des plus beaux bateaux de notre marine, ce n’était plus que des débris de planches, des bottes de foin, des casseroles etc… etc… la mer avais repris son calme les survivants a la nage se bataient vers les radeaux et les barques. j’avais avec moi 22 compagnons.
Jusque la nous étions a peu près sauf mais si la mer devenais mauvaise nous étions perdus ; car tu sais 23 sur ce machin en bois ! et puis a 350 km du port … (je continue sur l’autre feuille) le plus proche ; si le marin de la T.S.F. n’avait pu envoyer le signal de détresse, nous étions condamnés à mourir de soif de faim ou de froid, car la pluspart d’entre nous étaient complétement nu. J’avais juste ma chemise et mon caleçon ; mais ce brave marin avais fait son devoir, (il est mort d’ailleurs a son poste) et le matin un contre torpilleur Français, venais nous receuillir. Quel cri de joie nous avons poussé en l’apercevant ; tu sais toute la nuit balayés par les vagues nous en avions assez .
Nous sommes en ce moment a l’Ile de Mitylène (Grèce) pour nous reposer pendant quelque temps après on nous enverra à Salonique. J’avais pu sauver quelque billets dans une ceinture de flanelle qu’Alice m’avait faite C’est heureux car j’ai pu acheter ici quelques objets indispensable, et tu sais les Grecs nous font payer le prix. Tu seras bien aimable de me faire réponse aussitôt donne moi des nouvelles de Alice car peut être aurai je ta lettre avant la sienne, raconte moi ce qu’on a dit en France de l’accident, tout ce tu sauras en un mot de l’A… (? mot illisible) aussi – car ici on est complètement séparé de France pas de communiqués rien.
Je t’embrasse cordialement, Ton beau Frere, GAUTIER


Alexandre Gautier 3° colonial. 2° CieIle de Mitylène - Secteur 506

mercredi 8 avril 2015

Tinténiac le poilu a regagné son piédestal monument au mort déplacement

Tinténiac le poilu a regagné son piédestal 



Aux premières heures de la matinée, notre poilu a regagné son piédestal déplacé de quelques mètres.  "Le monument est de biais disaient concitoyens ce matin. C'est pas bien, il aurait du être parallèle au mur..."

Tout simplement si vous venez par la rue nationale, vous l'avez bien dans l'axe de la rue .

De nombreuses discussion sur le choix de sa nouvelle installation. Beaucoup aurait souhaité qu'il soit installé dans l'espace arboré de la rue Félicité Lamennais.  



Des fois il arrive le matin que l'on confonde la lumière matinale avec les réglages des blancs... et on a une belle lumière bleue un peu froide...













vendredi 27 mars 2015

Tinténiac Monument aux morts : Ouest-France en parle 26 mars 2015 guerre Bretagne Ille et Vilaine centenaire guerre

Tinténiac Monument aux morts : Ouest-France en parle 



L'hommage aux morts de Charlie Hebdo, journalistes, dessinateurs, policiers, gardiens aura été l'une des dernières cérémonies au monument aux morts de Tinténiac.





La guerre finie, il faut rendre hommage et perpétuer le souvenir et immortaliser. Plusieurs thèmes sont proposés : le sacrifice, la douleur, la victoire et, plus quelquefois des sentiments pacifistes. 


On assiste à une standardisation des monuments avec la distribution de catalogues de marbrerie, de bronziers ou autres sociétés. Faire appel à un sculpteur pour une oeuvre originale coûte trop cher.

Utiliser le catalogue permet aux élus municipaux de célébrer les morts à moindre coût pour les finances publiques. 


Voyons comment l'installation du monument aux morts de Tinténiac s'est faite.





9 août 1914

Dans les premiers jours du mois d'août 1914 le conseil municipal se réunit et vote une motion de soutien à nos combattants.  Tout le monde pense que la guerre sera courte et que la victoire sera forte. Le slogan "Nach Berlin" est sur toute les lèvres. 


Dans les délibérations du conseil municipal les premiers départs parmi les conseillers sont notés dans les absences.






Puis c'est le maire qui est appelé sous les drapeaux. Peu ou pas de relation sur la guerre hors les demandes d'aides ou de souscriptions aux emprunts d'état ou à des associations spécifiques (Marins d'Etat, femmes de France et croix-Rouge)






Aucune mention spécifique aux environs du 11 novembre 1918 consacrant la Victoire.



A la séance du 10-10-1919, 


suite aux élections municipales, M. Robiou est élu maire avec 14 voix, M Aubry en ayant 2.

M. Aubry est élu comme adjoint avec 11 voix .




A la séance du 8 février 1920, 


M Robiou étant maire, "... le conseil municipal décide de prélever une somme des 2500 f sur les fonds libres en vue d'organiser une fête pour les combattants de la guerre 1914-1918"




6 juin 1920

Le 6 juin 1920 nouvelle élection du maire, M Aubry est élu avec 9 voix sur 15. M Chantrel est désigné comme adjoint avec 10 voix sur 15





L'idée de la réalisation d'un monument doit être dans l'air car lors de la réunion du conseil municipal du 13 juin 1920 "le conseil municipal désigne  MM. Clément, Gicquiaux, Hubert, Peigné, Lorre, Arthur, Josse et Aubry pour faire partie du comité de souscription pour l'érection d'un monument aux morts pour la France."


z



1er  mai 1921


Le 1er mai 1921 une circulaire préfectorale mentionne toutes les formalités à remplir pour l'érection du monument. Le conseil vote à l'unanimité la décision de créer un monument aux morts.


Le lieu est choisi, ce sera place de la République, devant l'école communale de garçons. au carrefour de la RN 137 et du chemin de grande communication n° 20




Le conseil considère que les plans et devis sont bien établis dans l'ensemble et le détail. Le montant du devis estimatif se monte à 15 000 fr. Le conseil considère que cette somme n'est pas exagérée. 


Le conseil prend note qu'il dispose déjà d'une somme de 10 000 fr. résultat de la souscription, de la vente des sapins du cimetières et des crédits budgétaires.

Une somme de 5 000 fr est porté au budget additionnel de 1921 et est prise sur les fonds libres.


28 août 1921 

l'aménagement de la place de la République s'avère nécessaire pour la réalisation du monument, des caniveaux doivent être réalisés, une bordure en granit et des pavés devront être posés. Ce projet va être mis en adjudication.


25 décembre 1921


"Le conseil municipal autorise monsieur le maire à passer un traité de gré à gré avec M. Jacomet, négociant à Villedieu (Vaucluse), en vue de l'achat du poilu en bronze choisi par le comité pour être placé sur le monument aux morts pour la patrie". 








Hector Jacomet est un industriel et un fondeur établi dans le Vaucluse à Villedieu.  Il sera maire de Villedieu de mai 1925 à Juillet 1934 



Conçu par le sculpteur Etienne Camus de Toulouse, le Poilu au repos main sur le fusil "est l'un de ses grands succès. 

" Nous avons l’honneur de vous remettre, ci inclus, un Projet de MONUMENT COMMEMORATIF pour les soldats de votre Commune morts à la Grande Guerre, au cas où votre choix ne serait pas encore définitivement fixé.


Nous appelons votre attention sur le travail que nous vous offrons, en fonte de fer ciselée, bronzée au four et patinée incomparable comme beauté et solidité.
Le délai de livraison est de trois mois maximum.
Si notre offre vous intéresse, nous vous serons obligés de vouloir bien nous en informer le plus tôt possible. Les circonstances actuelles d’instabilités des cours et la hausse constante des fontes et aciers ne nous permettant pas d’assurer le prix de 3000 francs au-delà du 10 juillet prochain. Les
conventions passées avec notre fonderie, au prix actuel ne sont valables que pour un mois. En conséquence, les commandes fermes qui nous parviendront d’ici au 10 juillet inclus, seront livrées au prix de 3000 fr. franco d’emballage.
Passée cette date, une majoration du prix est annoncée." 
Lettre type des établissement Jacomet 

22 janvier 1922




Un traité en date du 10 janvier 1922 d'un montant de 9 500 fr est passé entre le maire et Jules Hignard entrepreneur de Lanhélin.




un traité avec M Mantrand de Saint-Servan pour l'érection du monument




Edmond Eugène Mantrand (1878-1925) alors architecte municipal de la commune voisine de Saint-Servan. Il réalisera la maison du Peuple de Saint-Malo

Un autre traité est passé avec M. Vaucelle architecte pour les travaux de trottoirs, caniveaux pour un montant de 8 190 fr.



et un contrat avec M. Chateau entrepreneur à Rennes pour la réalisation des trottoirs.







Entrepreneur de maçonnerie, il crée son entreprise en 1909. Il est élu maire de Rennes lors des élections municipales de 1935 et succède à Jean Lemaistre. Son mandat a été marqué par l’Occupation. Les Allemands occupent la ville à partir de juin 1940. Cependant, contrairement à d’autres villes, François Château est maintenu en poste comme maire de Rennes par le régime de Vichy.

12 mars 1922






4 juin 1922


Le conseil municipal décide de demander une subvention de l'Etat pour la réalisation du Monument aux morts




Les inscriptions sur le Monument aux morts



Sur le piédestal la phrase "GLOIRE AUX POILUS" est gravée dans le granite.


Dans un écu palmé le phrase gravée dans le marbre 

"Tinténiac à ses enfants morts pour la Patrie 1914 - 1918 "


Les noms des morts des autres guerres seront rajoutés ultérieurement.


Le monument comporte 105 noms de poilus décédés lors de la guerre 14-18





Sur la face sud une croix de guerre est gravée au-dessus la plaque portant les noms.

Cette face comporte 34 noms répartis en deux colonnes de 17 allant des Lettres L à T





La face ouest comporte 35 noms des lettres D à L en deux colonnes, l'une de 18 et l'autre de 17 


Enfin la face Nord comprend 36 noms des lettres A à D 

Deux noms semblent avoir été rajoutés ultérieurement (Mary M. et Rouyer Y). au bas de la plaque. Ils ne pouvaient être intercalés dans la plaque gravée.





mentions complémentaires






1939 1945

Les noms des neufs militaires décédés lors de cette guerre dont
Lieutenant Ferré A  Maire de Tinténiac 

et au bas du socle :"A la mémoire des anciens combattants d'Afrique du Nord 1952 - 1962



Compte-rendu de l'inauguration du monument aux morts dans le journal Ouest Eclair du 13 juin 1922