Bon sang j'suis en retard!

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mardi 30 juin 2020


Musée de l'Outil et des Métiers - Tinténiac - Ouverture le 1er juillet 2020

ça y est le musée ouvre le 1er juillet 2020.


Le musée de l'outil et des métiers 
Tinténiac photo JM Bergougniou

La période de déconfinement nous a permis de remettre en ordre le Magasin à grains. Les bénévoles se sont relayés pour réorganiser les ateliers, pour refaire présentations et électricité. Le Musée peut ouvrir.
Les jours et heures d’ouverture sont les suivants :

du mardi au dimanche de 13h 30 à 18h 30.

Ces horaires seront assurés par deux emplois saisonniers : Agathe en juillet et Anaïs en août, bienvenue à elles.


Le musée de l'outil et des métiers Tinténiac 
photo JM Bergougniou

l'ouverture les matins sera possible en fonction de la disponibilité des bénévoles - 09h00 à 12h00Le lundi en fonction de la disponibilité des bénévoles 09h00 à 12h00 et 13h30 à 18h30


musée de l'outil et des métiers 
photo JM Bergougniou



Pour accéder au musée, il nous faudra respecter les règles sanitaires :

Accès limité à 10 visiteurs dans le musée
visite par groupe de cinq personnes maximum par atelier,
port du masque obligatoire (un masque sera remis à chaque visiteur à l'entrée),
distanciation sociale (1 mètre),
circuit dans le musée,
gel hydroalcoolique à disposition à l'entrée et dans le musée, etc…


musée de l'outil et des métiers Tinténiac photo JM Bergougniou

L’usage des masques vient en complément des mesures barrières et de la distanciation physique.

Pour nous aider au respect de ces règles, des entreprises de Tinténiac ont répondu à notre appel

Super U Tinténiac nous a offert 400 masques en tissu que nous pourrons donner aux visiteurs qui se présenteront à l'entrée.


Le laboratoire PHYKIDIS nous fournit gracieusement en gel Hydroalcoolique pour toute la période d'ouverture ainsi qu'une trentaine de visières en plastique. Nous pourrons ainsi respecter les règles minimum de sécurité sanitaire pour les visiteurs, les saisonniers et les bénévoles. Un grand merci à ces entreprises.


musée de l'outil et des métiers 
Tinténiac photo JM Bergougniou

Alors n'hésitez pas à nous retrouver au
Magasin à grains - 5 quai de la Donac - 
35190 Tinténiac

Entrée
3 € pour les adultes
1€ pour les ados
gratuit pour les moins de 12 ans

vendredi 26 juin 2020

Bon voyage Monsieur Dumollet - C'est les vacances - Marc Antoine Madeleine Désaugiers chanson

Bon voyage Monsieur Dumollet - C'est les vacances 

Marc-Antoine-Madeleine Désaugiers, né à Fréjus le 17 novembre 1772 et mort à Paris le 9 août 1827, est un chansonnier, poète, goguettier et vaudevilliste français, fils du compositeur Marc-Antoine Désaugiers et frère du diplomate Auguste-Philippe Désaugiers.

Marc-Antoine-Madeleine Désaugiers, sa vie et son œuvre, vaudevilles et chansons, sont aujourd'hui oubliés du grand public, mais il a été dans les goguettes aussi célèbre que Béranger.

Une seule exception passée au travers des âges : 
Bon voyage M. Dumollet  datant de 1809 et évoquant Saint-Malo



Cette chanson connue sous le titre de Bon voyage Monsieur Dumollet, tirée du final d'une folie en un acte Le Départ pour Saint-Malo donnée pour la première fois le 25 juillet 1809, elle est restée célèbre jusqu'à nos jours. Ceux qui la connaissent à présent en ignorent souvent l'auteur. Ses paroles partent d'une anecdote survenue à Saint-Malo qui avait eu son heure de célébrité à l'époque ; elle est ainsi évoquée par Chateaubriand :


« Enfin, pour ne rien omettre, je rappellerai les dogues qui formaient la garnison de Saint-Malo ... Ils furent condamnés à la peine capitale pour avoir eu le malheur de manger inconsidérément les jambes d’un gentilhomme ; ce qui a donné lieu de nos jours à la chanson : Bon voyage. On se moque de tout. On emprisonna les criminels ; l’un d’eux refusa de prendre la nourriture des mains de son gardien qui pleurait ; le noble animal se laissa mourir de faim : les chiens, comme les hommes, sont punis de leur fidélité. »

— Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe, Livre I, chapitre 4.


C'est sur son air qu'est chantée accompagnée aux fifres l'air du Carnaval inlassablement répété au cours du grand Carnaval de Dunkerque et des carnavals des villes aux alentours. Le ballet Case-Noisette comprend la transcription pour orchestre de l'air de la chanson.






Bon voyage Monsieur Dumollet

A Saint-Malo débarquez sans naufrage
Bon voyage, Monsieur Dumollet
Et revenez si le pays vous plaît
Mais si vous allez voir la capitale
Méfiez-vous des voleurs, des amis,
Des billets doux, des coups, de la cabale
Des pistolets et des torticolis
Bon voyage Monsieur Dumollet
Là vous verrez les deux mains dans les poches
Aller, venir des sages et des fous
Des gens bien faits, des tordus, des bancroches,
Nul ne sera jambé si bien que vous
Bon voyage Monsieur Dumollet
Des polissons vous feront bien des niches
A votre nez riront bien des valets
Craignez surtout les barbets, les caniches,
Car ils voudronts caresser vos mollets
Bon voyage Monsieur Dumollet
L'air de la mer peut vous être contraire
Pour vos bas bleus, les flots sont un écueil
Si ce séjour venait à vous déplaire
Revenez nous avec bon pied bon oeil
Bon voyage Monsieur Dumollet
A Saint Malo débarquez sans naufrage
Bon voyage Monsieur Dumollet
Et revenez si le pays vous plaît.

dimanche 21 juin 2020

De fer et de bois - les portes d'écluses du canal d'Ille et Rance

De fer et de bois - les portes d'écluses du canal d'Ille et Rance 


L'écluse amont de Tinténiac - photo (c) JM Bergougniou

la Maison du Canal prépare pour cet été une exposition sur la fabrication des portes d'écluses. C'est avec plaisir que le Musée de l'Outil et des Métiers de Tinténiac participe à cette exposition par le prêt de matériel de charpentier et de forgeron. 





Selon Denis Diderot : du mot latin excludere, empêcher, en Architecture, se dit généralement de tous les ouvrages de maçonnerie et de charpenterie qu'on fait pour soutenir et pour élever les eaux ; ainsi les digues qu'on construit dans les rivières pour les empêcher de suivre leur pente naturelle, ou pour les détourner, s'appellent des écluses en plusieurs pays : toutefois ce terme signifie plus particulièrement une espèce de canal enfermé entre deux portes ; l'une supérieure, que les ouvriers nomment porte de tête ; et l'autre inférieure, qu'ils nomment porte de mouille, servant dans les navigations artificielles à conserver l'eau, et à rendre le passage des bateaux également aisé en montant et en descendant ; à la différence des pertuis qui, n'étant que de simples ouvertures laissées dans une digue, fermées par des aiguilles appuyées sur une brise, ou par des vannes, perdent beaucoup d'eau, et rendent le passage difficile en montant, et dangereux en descendant.










Construit entre 1804 et 1832, le canal d'Ille-et-Rance est placé sous les compétences de l'Icirmon - Institut du canal d'Ille-et-Rance Manche Océan nord -, institution interdépartementale des Côtes-d'Armor et d'Ille-et-Vilaine. Établissement public territorial, cette structure gère, entretient et s'intéresse au développement touristique de cette voie navigable qui emprunte la Rance, l'Ille et la Vilaine, de Saint-Samson-sur-Rance à l'écluse de Malon à Guipry.





Aménagé à l'origine pour relier les différentes villes de Bretagne et faire face au blocus maritime imposé par les Anglais, le canal d'Ille-et-Rance a conservé de jolies traces de son passé. À Saint-Germain-sur-Ille, l'Atelier du canal perpétue le savoir-faire des charpentiers d'hier, cas unique en France. « Nous fabriquons et posons de 3 à 4 paires de portes par an, indique Jean Deffains, responsable de l'Atelier, avec un record cette année de 5 paires. » Avec Alain Lesage et Guy Frin, ces trois charpentiers sont garants du bon fonctionnement de ce riche patrimoine local apprécié des promeneurs et sportifs.





Techniques de 200 ans

Au cours de l'année, l'Atelier du canal aura remplacé les portes aval de l'écluse Boutron à Calorgat (22), les portes amont de l'Ille à Montreuil-sur-Ille, les portes aval de Gacet à Betton et les deux paires de portes de l'écluse Saint-Germain à Melesse. « En moyenne, les portes sont changées tous les trente ans », précise Alain Lesage. À l'écluse Saint-Germain, les portes aval affichaient fièrement 38 ans, « 31 pour les portes amont ».




Haches et cognées - Musée de l'Outil et des métiers Tinténiac - photo (c) JM Bergougniou


Huit semaines sont nécessaires pour fabriquer les portes aval. « Ce sont les plus grandes. Les portes de Saint-Germain pèsent 4,2 tonnes pour chaque vantail. » Quant aux portes amont, celles qui ont le regard tourné vers le bief de partage, elles demandent six semaines d'ouvrage et pèsent 2,5 tonnes chacune. Depuis plus de deux siècles, le chêne est ici roi pour que ces ouvrages emplissent leur fonction légendaire. « C'est du bois de 5 ans d'abattage maximum, il ne faut pas de bois sec. »






Les étapes de fabrication d’une porte

Scie de long - Musée de l'Outil et des métiers Tinténiac -
photo (c) JM Bergougniou

1 - DE L’ORIGINE DES PORTES Les portes d’écluse sont fabriquées uniquement en chêne, âgé de moins de 5 ans d’abattage, sain et sans déformation. Ce matériau brut doit également ne pas être sec afin d’éviter le gonflement et une casse certaine de la porte neuve suite à son immersion. Les pièces de bois sont débitées aux dimensions par une scierie, livrées par camion puis stockées en extérieur.





2- PRISE DES MESURES ET TRAÇAGE La première étape consiste à reporter au sol les dimensions de la porte pour former “l’épure”, dessin technique qui sert à la réalisation des pièces de bois 





Les mesures ont au préalable été prises à l’aide d’une pige (longue tige en fer), directement sur l’ancienne porte encore plongée dans les eaux du canal. Le travail de fabrication peut alors commencer, avec la réalisation des éléments constitutifs du cadre de la porte. Les pièces de bois réalisées sont ensuite positionnées sur le sol, de manière à respecter les cotes relevées. Alors que les pièces verticales assurent principalement la rotation de la porte et son étanchéité, les éléments horizontaux en garantissent la stabilité.







3- TENNONAGE, MORTAISAGE ET FAÇONNAGE a La fixation des pièces de bois qui constituent les portes d’écluse est assurée selon une méthode traditionnelle. 



Serre-joint - Musée de l'Outil et des métiers Tinténiac -
photo (c) JM Bergougniou
Les charpentiers réalisent pour cela des éléments complémentaires appelés tenons et mortaises. Le tenon, pièce mâle de la construction, est destinée à s’emboîter dans la mortaise, pièce femelle de l’assemblage. Cette étape exige une grande minutie dans la prise de mesures, puis dans la taille. Il est en effet essentiel d’éviter les interstices entre les éléments, malgré le gigantisme de l’ouvrage, afin d’éviter les fuites d’eau.




b Eléments verticaux de la charpente, les poteaux “tourillon” constituent l’axe sur lequel pivote les portes d’écluse. Ils sont façonnés à l’aide de plusieurs outils : scie circulaire, varlope électrique et meuleuse. Cette opération, précise, est réalisée au gabarit afin de garantir une étanchéité parfaite entre la porte et la maçonnerie. 


c C’est à cette étape également qu’est réalisé le cadre de la carré de vantelle. Cette petite vanne percée dans les portes permet de remplir et vider le sas des écluses, et d’équilibrer la pression de part et d’autre des portes, aussi appelées vantaux.



4- ASSEMBLAGE DES PIÈCES Toutes les pièces qui constituent la structure de la porte sont réunies et serrées au moyen de tirants. Tendues à la force des bras et à l’aide d’une barre en métal, ces tiges servent à consolider l’ensemble afin que celui-ci résiste aux fortes pressions exercées par l’eau, une fois les portes immergées.







5 - BRACON ET BARDAGE DES PORTES 

a Le cadre des portes réalisé, plusieurs pièces viennent renforcer et combler les espaces laissés vides. Le bracon traverse l’ensemble en diagonale et assure l’équerrage de la porte. 
b Le contre-bracon est le pendant du bracon, sur la face aval de la porte. Il est composé de plusieurs pièces de bois assemblées, fixées au bracon grâce à des boulons. 


Enclume - Musée de l'Outil et des métiers Tinténiac - photo (c) JM Bergougniou

c Le bardage est constitué de lames qui suivent l’inclinaison du bracon. Ces planches, fixées avec grande précision, sont reliées entre elles par des fausses languettes. Ces petites pièces sont les seules à être constituées de bois sec ; en gonflant à l’immersion, elles assurent l’étanchéité du bardage.




6 - FERRAGE 


a Des ferrures sont ensuite posées sur la porte et contribuent à étayer les assemblages des parties en bois. Il en existe plusieurs : les brides en fer à cheval, la frette, les étriers ou “T”. 
les outils du charpentier - Musée de l'Outil et des métiers Tinténiac -
photo (c) JM Bergougniou

b À cette étape, la carré métallique des vantelles est ajustée au millimètre.






7 - ETANCHÉÏTÉ ET CALFATAGE 


Etoupe - Musée de l'Outil et des métiers Tinténiac - photo (c) JM Bergougniou

Comme sur un bateau, tous les interstices sont ensuite calfatés, c‘est-à dire bouchés à l’aide d’une étoupe. Cette matière rêche et fibreuse issue du chanvre permet d’assurer l’étanchéité de l’ouvrage.




8- REMPLACEMENT DES PORTES D’ÉCLUSE ET POSE DES BALANCIERS Après quelques décennies de service, lorsque les portes n’assurent plus correctement leur rôle de barrage de l’eau, il est nécessaire de les remplacer. Le canal est tout d’abord asséché par un barrage provisoire en amont. Puis, les anciennes portes sont treuillées par une grue pour être retirées. Les nouvelles portes sont acheminées soit sur barge le long du canal, soit à l’aide d’un camion-bras.


pince de forgeron - Musée de l'Outil et des métiers Tinténiac -
 photo (c) JM Bergougniou


Les Outils du Forgeron

Le premier outil du forgeron, c'est, bien sûr, la forge qui permet de chauffer le métal, grâce au combustible, le charbon, et au comburant, l'oxygène de l'air. Il faut donc un foyer et un soufflet. On retrouve ce matériel chez tous les artisans qui travaillent le fer : le serrurier, le maréchal-ferrant, le charron.
la forge - Musée de l'Outil et des métiers Tinténiac - photo (c) JM Bergougniou

Les outils à la disposition du forgeron sont des pinces, des marteaux, des masses, des ciseaux, des poinçons, des tranches, des brosses, des griffes et plusieurs autres outils pour travailler le métal. Le forgeron est à même de fabriquer ses propres outils selon ses besoins

Enclume - Musée de l'Outil et des métiers Tinténiac - photo (c) JM Bergougniou

Enclume : bloc de fer à la surface plate et pointue, sur lequel les morceaux de métal sont posés pour être former en étant martelés.

OUTILS POUR TENIR
Les Pinces
Les pinces - Musée de l'Outil et des métiers Tinténiac - photo (c) JM Bergougniou

Comme dans la plupart des métiers artisanaux, le forgeron utilise des pinces ou tenailles pour tenir le métal chaud, sans se brûler.
Ce sont donc des pinces très longues qui maintiennent à distance le fer chaud de la main. La forme et la taille des mâchoires doivent s'adapter à celles de la barre de fer à travailler ou à celle de l'outil qui sera utilisé pour travailler indirectement le fer, comme les bouterolles.  On en trouve donc de très nombreux types. Elles sont fabriquées par le forgeron lui-même

Etau - Musée de l'Outil et des métiers Tinténiac - photo (c) JM Bergougniou

L'Etau à pied
Dans tous les métiers du fer, on retrouve un étau à pied, fixé au sol et sur l'établi. Ceux du serrurier et de l'armurier sont, en principe,  d'une taille et d'un poids moins importants.
Marteaux à étamper - Musée de l'Outil et des métiers Tinténiac - photo (c) JM Bergougniou

Plusieurs sortes de marteaux pour donner forme aux métaux
  •  plusieurs sortes de gouges pour découper les métaux
  •  Un Tablier et des gants de cuir sont indispensables, ils doivent être en cuir épais pour résister à la chaleur de la forge.
  •  Un soufflet pour activer le feu
Soufflet - Musée de l'Outil et des métiers Tinténiac - photo (c) JM Bergougniou

Tenailles : tenaille à bouterolles, utilisée, comme son nom l’indique, pour modeler des bouterolles, outils utilisés par les orfèvres et les graveurs de pierres fines.
Cloutières - Musée de l'Outil et des métiers Tinténiac - photo (c) JM Bergougniou

Ou tenaille à crochets carrés qui permet de manipuler les barres de fer passées dans l’anneau et retenues par le crochet gauche.


Pinces - Musée de l'Outil et des métiers Tinténiac - photo (c) JM Bergougniou

Chasse (ou étampe) : Se bloque sur l’enclume. Est utilisée pour arrondir le fer à chaud.










Sous réserve d'interdiction sanitaire, le musée ouvrira le 1er juillet 2020


Le port du masque sera obligatoire dans le musée  
et les visiteurs devront se tenir à une distance d'un mètre les uns des autres

Entrées :

Adultes - 3€
Enfants 12 à 18 ans - 1€
Enfants moins de 12 ans - gratuit


Sources :

Maison du canal d'Ille et Rance 
Musée de l'outil et des Métiers

dimanche 7 juin 2020

Tinténiac - le musée de l'outil et des métiers

Le Musée de l'Outil et des métiers de Tinténiac : "la belle ouvrage".




Tinténiac
Le site de Tinténiac est fréquenté depuis le Néolithique. Des vestiges, dont un abondant mobilier lithique et des céramiques du Néolithique moyen, sont retrouvés lors du tracé de la voie express Rennes-Saint-Malo.

Un village carolingien découvert à la Cocherais, a également livrés de nombreuses céramiques.
photo (c) JM Bergougniou
Ce n'est qu'en 1032 que l'on trouve la première mention officielle de Tinténiac, dans le cartulaire de l'abbaye Saint-Georges de Rennes. L'église et le village qualifié de « gros bourg », sont alors donnés par le duc de Bretagne Alain  à sa soeur, Adèle, abbesse de Saint-Georges, à l'occasion de la fondation de l'abbaye. L'abbesse rétrocède par la suite une grande partie de son fief.

photo (c) JM Bergougniou
En 1351, le seigneur Jean de Tinténiac s'illustre dans le combat des Trente, qui a lieu à Mi-Voie près de Josselin. Sa femme Jeanne de Combourg, lui donne une seule fille, Isabeau de Tinténiac. Celle-ci en épousant Jean de Laval-Châtillon, fait entrer la seigneurie dans la famille de Laval. De cette nouvelle union naît Jeanne de Laval qui devient, le 21 janvier 1374, la seconde épouse de Bertrand Du Guesclin.

photo (c) JM Bergougniou


Canal d'Ille et Rance
L'idée d'ouvrir une voie de navigation intérieure en Bretagne date du  siècle. Ce furent les différents blocus maritimes, imposés depuis 1688 sous le règne de Louis XIV qui amenèrent les États de Bretagne à faire étudier la mise en place d’un réseau de canaux, en Bretagne, ainsi que dans le Maine, par une commission spéciale créée fin 1782 : la commission intermédiaire pour la navigation intérieure de la province.

photo (c) JM Bergougniou
Cependant que plusieurs projets visant à relier l´Atlantique et la Manche sont élaborés au cours du 18e siècle.
Le 28 décembre 1803, le projet de Joseph Liard est adopté par le Conseil Supérieur des Ponts-et-Chaussées. Les travaux sont ordonnés par l'Arrêt consulaire du 21 pluviôse an XI à la suite de nouvelles menaces de blocus maritime par l'Angleterre

photo (c) JM Bergougniou

 
Le chantier démarre à Hédé le 12 juin 1804.
Le chantier de l’échelle d’écluses de Hédé, qui dure neuf ans, est réceptionné par Luczot de La Thébaudais en octobre 1817

photo (c) JM Bergougniou
Les travaux s'échelonnèrent entre le printemps 1804 - ils commencèrent exactement le 12 juin 1804 sur la commune d’Hédé et s’étendent rapidement au point central de partage, sur les communes de Guipel, Dingé et Bazouges sous Hédé, et l'automne 1832. 

photo (c) JM Bergougniou

Ils sont en grande partie ralentis par les dépenses de guerre et les évolutions des rapports diplomatiques entre la France et l'Angleterre. En 1815, les travaux sont presque achevés, mais la paix revenue et le blocus levé, le canal n'a plus d'intérêt militaire. Les travaux sont arrêtés pendant six ans, de 1816 à 1822, puis reprennent avec la nomination du Rennais l'ingénieur des Ponts-et Chaussées Camille-Jean Maugé. Le chantier est terminé le 10 juin 1832, jour où a lieu la première navigation d'essai. Le canal est officiellement ouvert le 5 octobre 1832. 

photo (c) JM Bergougniou

Entre 1860 et 1880, c'est de 1100 à 1800 passages de bateaux par an et le transport de marchandises qui s’élève à 150 000 tonnes. Le 26 avril 1857, le train fait sa première apparition en gare de Rennes. La ligne Rennes-Saint-Malo ouvre en 1864 aussi à partir de 1911, le volume de marchandises transportées sur le canal ne cesse de décliner.

À partir de 1923, les progrès du chemin de fer diminuent grandement le « fret » par voie d’eau (douce) entre Rennes et la Manche. Ce déclin sera accentué par le développement, après guerre, des axes routiers et des camions ainsi que par la construction du barrage de la Rance à partir de 1960.



En bordure du canal d’Ille-et-Rance, pour profiter des transports par péniches, dans les anciens bâtiments en bois construits dès la fin du XIXe siècle par des négociants en grains qui y stockaient engrais et intrants agricoles, le Musée de l’Outil et des Métiers retrace au travers d’outils et machines le travail des artisans ruraux qui, pendant des siècles, ont participé à la vie économique des bourgs et aux progrès techniques, par leur savoir-faire.

photo (c) JM Bergougniou

111 métiers et 3000 outils qui permettent de faire revivre les techniques ancestrales des artisans : serrurier, forgeron, maréchal-ferrant, menuisier, charron, bourrelier, cordonnier, sabotier, cerclier, tonnelier, cordier, atelier de fabricants de moulins à blé noir de Louis et Roger Hamon, collection de moulins à blé noir, et à café. 

photo (c) JM Bergougniou
Les bâtiments du Musée de l’Outil et des Métiers de Tinténiac sont divisés en plusieurs espaces. Divers ateliers sont présentés, reconstituant l’ambiance de l’époque avec l’ensemble des outils nécessaires, les machines utilisées et les pièces réalisées à différents stades de leur fabrication. Ainsi, l’atelier du bourrelier montre la couture à la main et la fabrication du collier de cheval ; pour le charron, la fabrication de la roue; avec l'atelier de Louis et Roger Hamon vous découvrirez la fabrication du moulin à blé noir qui moulu servira à réaliser les galettes.

photo (c) JM Bergougniou

Les artisans n'étaient pas que des ouvriers, ils étaient formateurs et enseignaient les apprentis qui devenaient des compagnons, ces derniers faisaient fréquemment le tour de plusieurs patrons pour bien apprendre le métier et les méthodes de chacun, c’est ensuite qu’ils devenaient artisans, la boucle était bouclée.

photo (c) JM Bergougniou

Une visite est toujours un voyage dans le temps pour découvrir, ou redécouvrir, les métiers qui faisaient vivre tous les bourgs des campagnes.


photo (c) JM Bergougniou

Il ne paie pas de mine ce musée siué dans l'ancien magasin à grains le long du canal, le dernier commerçant fut Emile Cotto qui cessat son activité en 1980. La municipalité alors rachète les locaux situés au bord du canal d'ille et Rance. Les bâtiments furent remaniés à plusieurs reprises mais la structure ancienne perdure.
Le musée de l'outil et des vieux métiers renferme des trésors rares.
photo (c) JM Bergougniou

La collecte commence dans les années 1950. C'est avec patience , qu'entouré d'anciens artisans, dont les rangs sont de plus en plus clairsemés, que Dominique Provost a réuni une collection absolument extraordinaire d'outils anciens : des milliers d'instruments en bois, métal, en cuir, des machines à coudre, des tracteurs et même un rouleau compresseur

photo (c) JM Bergougniou


Mis en scène dans des ateliers reconstitués avec soin, ils font découvrir les techniques, les réalisations, l'art de ces artisans présents dans tous les bourgs de campagne et mais aussi dans les villes avant que le moteur à explosion, l'industrialisation, le modernisme et l'électricité ne viennent les faire disparaître

photo (c) JM Bergougniou

« Si quelqu'un qui connaît le métier vient, il peut s'installer et travailler. Il y a tout ce qu'il faut. On a l'impression que le cordonnier est parti boire un coup au bistrot d'à côté et qu'il va revenir »




l'atelier du cordonnier est particulièrement remarquable, avec des matières brutes, des travaux commencés et ou en cours de fabrication, enfin les produits finis. Remarquables ces « réclames » de l'époque accrochées au mur. On y découvre les chaussures, les galoches, les brodequins, les formes, les semelles, les ébauches, le cuir, les fers, la maille.
photo (c) JM Bergougniou












En Bretagne qui ne connait la chanson "Sont sont les gars de Locminé qu'ont de la maillette sans dessus dessous, sont sont les gars de Locminé qu'ont de la maillette dessous leurs souliers."
la maille et la maillette sont de petits clous qui, comme les fers, permettaient d'éviter l'usure trop rapide des semelles, et assuraient une bonne adhérence en tous terrains.
On en apprend sans cesse sur l'utilisation des outils mais aussi sur tout ce qui faisait la richesse et le savoir-faire des artisans.

photo (c) JM Bergougniou

Des noms à faire rêver qui se sont perdus
si les vitrines renferment des merveilles, on sera ébahi par la diversité des noms pour des outils qui, à première vue se ressemblent tous.
Par exemple, dans une vitrine une multitude de compas : du « maître à danser » qui mesure l'intérieur et l'extérieur, au grand compas en fer forgé, en passant par le compas d'horloger on va découvrir le compas d'épaisseur, le compas de tonnelier, les compas d'intérieur droit, à ressort, ceux pour réduire en largeur la douelle, le compas de rapport, le palmer, les pieds à coulisse, les trusquins et autres roulettes.

photo (c) JM Bergougniou

Du compas au tonneau


Ce sont nos ancêtres les Gaulois qui, dit-on, auraient inventé le tonneau. Chez le tonnelier, on connait fûts et barriques, baquets et seaux, mais qui connait la velte qui servait à mesurer la quantité de cidre dans les tonneaux?

photo (c) JM Bergougniou

L'atelier du tonnelier présente ainsi un spécimen de fût de plus de 1 100 litres soit 5 barriques de 220 litres. Conserver un liquide est difficile quand les quantités sont importantes, jarres et amphores montrent leurs limites, quand les agriculteurs commenceront à produire du cidre, du vin, de la bière en quantité il fallut innover.
Le Tonnelier fabrique également des barils, des barillets pour le vinaigre ou des salaisons mais encore des cuves à lessiver, des barattes à beurre, des seaux, des baquets et bien d’autres choses encore.
photo (c) JM Bergougniou

La fabrication des tonneaux n’a guère évoluée depuis plus de 2000 ans. Pour confectionner un tonneau, le tonnelier a besoin d’une vingtaine de « douves ou douelles » façonnées dans des merrains, (bois de chêne découpées en planche) séchées pendant deux ans environ. Réunies en couronne, les douelles sont ceinturées et trempées pendant une ou deux nuits pour leur donner la courbure souhaitée.
photo (c) JM Bergougniou


En suite, il faudra chauffer le bois pour serrer les douelles à l’aide du bâtissoir puis les cercler avec du baliveau de châtaigner et lié avec de l’osier comme auparavant. Aujourdhui, le cerclage se fait avec des feuillards qui sont rivetés.
photo (c) JM Bergougniou
Pour ce faire le tonnelier emploiera différents outils : l’herminette ou asse, le bâtissoire ou cabestan, la bondonnière, le tire fond, le cauchoir, le chien ou tire, la colombe, le banc, la plane droite ou courbe, la curette, le maillet, le racloir, le trusquin, la varlope, le jabloir ou rat, le compas.

 
le bourrelier

photo (c) JM Bergougniou

Les chevaux étaient présents en ville comme à la campagne, les transports se faisaient en diligence, en charette, en char à banc, le cheval est itilisé pour le labour, la moisson, les foins, le débardage, le halage avec des chevaux. Colliers, selles, harnais, oeillères, lanières, rênes, licols et bricoles étaient l'oeuvre du bourrelier.

Mais le cheval n'était pas le seul animal de trait. Selon les régions on va retrouver des bovins (vaches ou boeufs), des ânes, des mules ou mulets, des boucs ou des chiens.

Le harnachement d'un cheval de trait comporte de nombreuses pièces : le collier, les sangles, la sous-ventrière, la sellette, la croupière, le surdos, la branche de croupière, l'avaloire, la chaine dossière. Pour tirer de lourdes charges on est passé de la bricole au collier. Des brancards maintiendront le véhicule à distance du cheval et viennent s'appuyer sur la sellette.
photo (c) JM Bergougniou
Le cuir est découpé en bandes avec un couteau mécanique qui ressemble à un trusquin de menuisier. Une fenderie va permettre d'amincir le cuir, les rainettes permettent de marquer le cuir. Le travail le plus délicat est la couture du cuir. On utilise du fil de lin, il est souple et ne coupe pas le cuir, on enduit le fil de cire d'abeille ou de poix

photo (c) JM Bergougniou
Il faut au minimum huit plus de fil que la longueur de la couture. Les trous de la couture sont tracés avec des griffes avant d'être percés avec une alène. Le couteau à pied sert à travailler les extrémités d'une sangle pour les assembler (les doler).

Dans l'atelier du bourrelier on va découvrir comment fabriquer un collier, à partir d'une forme en bois, comment comment le remplir avec un bourroir.
photo (c) JM Bergougniou
Du fil et des aiguilles, des alènes, du cuir et du bois et ces créer le corps du collier en cuir et en tissu, comment percer et coudre. On découvre ainsi alènes et aiguilles, fils et poix pour enduire le fil avec mêmede grosses bobines de ficelle en papier. En effet, pendant la Seconde Guerre mondiale et dans les années qui ont suivies, face à la pénurie, on fabrique de la ficelle et même de la corde avec du papier.

photo (c) JM Bergougniou


Les outils du bourrelier
La griffe à molette, le rembourroir, les aiguilles, les alènes, la paumelle, le demi-rond ou couteau à pied, le tranchet, l'emporte-pièce, la pince à coudre...
Le musée présente une multitude d'autres choses.
photo (c) JM Bergougniou

Petit musée sur la vie locale et rurale pour découvrir un passé finalement pas si lointain.
Des objets insolites se rencontrent à foison comme une brosse à cirer le parquet, des pinces à sucre utilisées dans les commerces pour casser les pains de sucre de plusieurs kilos.  
photo (c) JM Bergougniou
Quatre modèles sont exposés. Elles étaient utilisées dans les commerces pour casser les pains de sucre de plusieurs kilos. « C'était utilisé avant la création du sucre en pierre, vers 1914. » La grosse pince ressemble à des fers. À la maison, pour recasser les morceaux achetés, on prenait d'autres pinces qui ressemblaient à des sécateurs. La plus ancienne au musée, une belle pièce en fer forgé, date de la fin du XVIIIe siècle.
photo (c) JM Bergougniou

Ala question de savoir combien d'outils différents le musée renferme, Dominique Provost, le créateur du musée, avoue : « Des milliers, sûrement, mais je ne sais pas plus précisément.» Un inventaire est pratiquement impossible.
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UUne collection impressionnante.
SSi les différents métiers sont représentés avec les outils, les machines, on trouve aussi des documents comme des contrats de travail, d'apprentissage...
Des poids et des mesures
Nous sommes habitués au mètre, au kilo; au litre... l'occasion de se faire une idée des mesures utilisées sous l'Ancien Régime. Il y avait la ligne qui correspond à 2,255 mm du système métrique ; 12 lignes égalent un pouce et 12 pouces un pied. Mais attention : le pied variait selon les régions. Celui de Champagne était de 33 cm, celui du Piémont, de 51 cm et des poussières.
«Ces mesures n'ont pas complètement disparu. Aujourd'hui, les cadrans de montres ou d'horloges sont toujours calculés en lignes et en pouces. Et bien souvent, elles ont été utilisées par les artisans jusque dans les années 1950-1960. »
photo (c) JM Bergougniou

J'aime la galette savez-vous comment?
Après le décès de M. Roger Hamon, la famille a proposé au Musée de l’outil et des métiers de Tinténiac la totalité du matériel et de l’outillage qui composait l’atelier du fabricant de moulins à blé noir à Plougueneuc, sans doute le dernier fabricant de ces moulins. C'était l'occasion de mettre en place au musée un nouvel atelier, celui de la fabrication des moulins à blé noir où l’on peut voir toutes les machines nécessaires à leur réalisation, les différentes étapes de fabrication ainsi qu’une collection de ces moulins. Certains sont signés, beaucoup sont anonymes. Chaque ferme, chaque famille possédait son propre moulin.
photo (c) JM Bergougniou
Tous les éléments comme pour de nombreux autres ateliers, permettent de monter une exposition; pour le blé noir, elle est unique ; en effet, les ateliers de fabricants de moulins à blé noir, recensés par M. André Gaucheron, ont disparu depuis longtemps







Le Musée peut donc présenter une exposition « Autour du Blé Noir » (semer et récolter du blé noir, exposer les fléaux qui servaient au battage, ramassage de la graine, obtention de la farine avec ces moulins spécifiques, fabrication de la galette de 


Le charron
photo (c) JM Bergougniou


Le moyeu est souvent tourné dans l'orme. On y monte deux frettes à chaud. On va le fixer pour tracer les mortaises de rais qui sont percées et creusées. Les mortaises reçoivent les tenons obliques des rais. Les rais en chêne ont un pied rectangulaire et une languette ronde. Il y a toujours deux rais sur un élément de jante. Ceux-ci sont en frêne généralement tors. 

photo (c) JM Bergougniou
On les découpe à la scie à ruban en se basant sur des gabarits. Les éléments de la jante sont maintenus par des chevilles de chêne dur. les joints biseautés ne se ressère qu'à la pose du bandage métallique. Le moyeu est alésé pour recevoir la boite d'essieu en fonte qui est introduite de force et fait fonction de coussinet sur la fusée. Une goupille retient la roue sur la fusée.


Quelques outils du charron 

Appareil à fixer les boîtes d'essieu, Serre-joint, serre-rais ou chaîne de charron, hache à un seul biseau, scie à châssis, vilebrequin, plaque d'embattage, rabot à rais, jarvis, planes, compas d'épaisseur, roulette, mesure à faire des rais, fausse équerre




N'hésitez pas à venir nous retrouver à Tinténiac 5 quai de la Donac...