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lundi 10 août 2020

J'aime la galette - Le blé noir et son moulin

Le Moulin à blé noir

Les premières galettes seraient apparues 7 000 avant notre ère.

musée de l'outil et des métiers - galettier bilig - photo JM Bergougniou

 Alors on ne se souciait guère du type de graines ou céréales à moudre ou plutôt à écraser. Cette farine obtenue entre dans toutes les soupes et les bouillies.
Cette "mixture" renversée sur une pierre chauffée au soleil ou dans le feu allait donner naissance à la galette.



Pourquoi ce nom de sarrasin? peut-être parce que ramené des croisades, ou peut-être encore lié à sa couleur foncée?


En Bretagne, le sarrasin s’impose aux alentours des XVe/XVIe siècles, il en est fait mention pour la première fois en 1497, à Rennes, puis sa culture est attestée en 1502 à Saint-Brice-en-Coglès. On le rencontre ensuite en 1508 à Langouët, puis deux ans plus tard dans les environs de Quimper.

Graines de sarrasin

La graine est de forme triangulaire et renferme une amande farineuse blanche. Une fois broyé, la farine est de couleur grisâtre


musée de l'outil et des métiers
- moulin à blé noir -
photo JM Bergougniou

La graine de sarrasin doit être moulue pour être comestible ; sa forme triangulaire complique l'opération et nécessite un outillage spécial.

Les graines sont nettoyées, puis elles sont écrasées entre 2 meules.


Du moulin banal au moulin à blé noir



Le froment étant réservé aux classes aisées, nobles, bourgeois, riches propriétaires.
Le sarrasin, et notamment les galettes, a fait office de pain dans les bouillies et les soupes qu'il rendait plus consistantes.

Parlons de banalités qui ma fois n'en étaient pas

musée de l'outil et des métiers - la charmante - photo JM Bergougniou
meunier le voyage d'Alexandre - Oxford







Dans le système féodal, ce sont des installations techniques que le seigneur est dans l'obligation d'entretenir et de mettre à disposition de tout habitant. En contrepartie, ceux-ci doivent n'utiliser que ces installations seigneuriales, pour un prix qui est fixé par le seigneur.

musée de l'outil et des métiers
- moulin à blé noir -
photo JM Bergougniou
Le sarrasin est traditionnellement moulu à la maison, à l’aide de petits moulins, cela depuis le XVIIIe siècle au moins. A l’époque, les moulins à blé noir se rencontraient dans plus de la moitié des foyers du pays: l’usage du moulin banal n’était pas une obligation pour le sarrasin, la farine de sarrasin échappait donc aux taxes des meuniers sous l’Ancien Régime.
musée de l'outil et des métiers - 
moulin à blé noir - 
photo JM Bergougniou


Aux XIXe et dans la première moitié du XXe siècles, le sarrasin est toujours transformé à la maison, à l’aide des mêmes moulins domestiques. Ceux-ci sont alors de deux types : la « charmante », souvent placée dans la salle commune de la ferme, et le moulin à bras, généralement fixé dans le grenier à grains, sur un chevron du toit. La farine de sarrasin se conservant mal, il était important de pouvoir écraser de petites quantités de sarrasin en fonction des besoins de chaque jour.

La Charmante

Dans la période de l’après-guerre, ce type de moulin était encore assez fréquent dans les fermes .



musée de l'outil et des métiers - la charmante - photo JM Bergougniou
Ce moulin à blé noir se compose de deux sections débitées dans un tronc d’orme, et posées l’une sur l’autre. Le bloc inférieur est muni de trois pieds qui le soutiennent comme un billot de charcutier. Le bloc supérieur, qui sert de meule courante, est placé sur le bloc inférieur qui constitue la meule dormante. La meule courante est percée d’un trou central, par où l’on déversait le grain à moudre.

Le moulin à bras


photo JM Bergougniou

La fabrication des moulins était artisanale, et nécessitait un savoir faire empruntant à celui du menuisier, du tourneur et des boisseliers.


musée de l'outil et des métiers -
moulin à blé noir Louis Hamon Pleugueneuc  -
photo JM Bergougniou


Ce moulin à bras, destiné à moudre les grains de sarrasin, porte souvent une inscription donnant le nom de son fabricant.



musée de l'outil et des métiers -
moulin à blé noir -
photo JM Bergougniou

Ce modèle de moulin, extrêmement compact et tout en bois, est très répandu dans les foyers bretons. Malgré sa petite taille, son rendement suffit à une famille. Le grain, versé dans le bol en bois cloué sur le dessus, était ensuite moulu, à la finesse souhaitée grâce au réglage des vis en bois placées à l’arrière. La farine obtenue était ensuite sassée à plusieurs reprises

musée de l'outil et des métiers -
moulin à blé noir -
 photo JM Bergougniou
Le moulin est composé d'une caisse en bois (souvent de hêtre parfois en fruitier) avec tenon pour le fixer sur une poutre.
Un trou dans le fond pour permettre le passage de l'axe pour actionner la manivelle


musée de l'outil et des métiers - confection de la partie conique - photo JM Bergougniou

Une partie conique est évidée pour pouvoir insérer la partie rotative.

musée de l'outil et des métiers - lamelles métalliques - photo JM Bergougniou

Un trou permet de passer l'extrémité de la partie rotative - la meule - pour y fixer une manivelle. Dans cette partie fixe sont insérée des lamelles métalliques selon un angle déterminé pour permettre la mouture. Au sommet du corps du moulin, un trou permet de laisser passer les graines verser dans le bol. Un trou au dessous permet d'évacuer la farine.
musée de l'outil et des métiers -
la meule- photo JM Bergougniou
La partie mobile de forme conique elle aussi est prolongée vers son extrémité par un axe qui recevra la manivelle. Des lamelles métalliques sont insérées dans le cône selon un angle différent que sur la partie fixe.
La graine est moulue entre les lamelles métalliques, la partie mobile jouant le rôle de la meule.

Une plaque avant va venir fixer l'ensemble corps-meule par une vis en bois dans chacun des angles.

musée de l'outil et des métiers - moulin à blé noir - photo JM Bergougniou

Un bol - une manivelle - 5 vis en bois - un corps fixe avec lamelles métalliques - une meule conique avec lamelles métalliques - un fond - un devant
Une vis de serrage en bois va venir serrer la plaque contre la partie rotative. Le serrage plus ou moins fort permet de régler la finesse de la mouture.

musée de l'outil et des métiers - moulin à blé noir - photo JM Bergougniou
musée de l'outil et des métiers - moulin à blé noir - photo JM Bergougniou
le musée expose l'atelier complet de M. Hamon, un fabricant qui a travaillé jusque dans les années 60 à Pleugueneuc.

Le Moulin à blé noir


- moulin à blé noir Plihon Meillac - photo JM Bergougniou

Fabriqué en Bretagne, à Meillac (Ille-et-Vilaine), au début du siècle passé, il est entièrement en bois.
Sur la partie avant, 5 vis en bois: 4 vis dans les angles pour la fixation de la meule et une vis centrale pour le réglage de la mouture.


musée de l'outil et des métiers - moulin à blé noir - Hamon Pleugueneuc

 photo JM Bergougniou

Les graines de sarrasin sont versées dans l'entonnoir du dessus, puis moulues par les dents en acier de la meule et la farine sort par la fente du dessous.
Sur la partie arrière se trouve la manivelle amovible.
Sur le côté droit on peut lire l'inscription suivante HAMON A PLEUGUENEUC

Quelques fabricants d'Ille et Vilaine
Il semble que les moulins aient été essentiellement fabriqués dans la partie nord du département d'Ille et Vilaine



musée de l'outil et des métiers - 
moulin à blé noir Lanos Combourg - 
photo JM Bergougniou

  • Cagnard - Bazouges-la-Pérouse
  • Cagnard ou Caignard - Tréméheuc
  • Chavret - Dol de Bretagne
  • Gentil - Combourg
  • Hamon Louis - Pleugueneuc
  • Hamon Roger - Pleugueneuc
  • Jambon - Saint-Pierre de Plesguen
  • Lanos - Combourg
  • Plihon - Meillac


musée de l'outil et des métiers - moulin à blé noir Créhen  - photo JM Bergougniou

samedi 25 juillet 2020

Musée de l'Outil et des Métiers - Tinténiac - Des noms d'oiseaux - Le Rossignol bec-de-cane

 Des noms d'oiseaux - 

Le Rossignol - le bec-de-cane

Continuons de tourner les pages de notre bestiaire et continuons avec les noms d'oiseaux. Nous évoquons aujourd'hui le rossignol et le bec-de-cane.

Le rossignol est réputé pour son chant, un des plus beaux du répertoire régional, et il n'en est pas avare. Il chante jour et nuit, dès son arrivée en 2e décade d'avril et jusqu'en juin, mais le chant se fait plus rare dès qu'il y a au nid des bouches à nourrir. Le chant est sonore et varié. Est-ce pour le chant de la clé dans la serrure que fut donné au passe-partout le nom de rossignol? Qui sait?

Musée de l'Outil et des métiers- le serrurier - le rossignol photo (c) JM Bergougniou



Un rossignol est un instrument pour crocheter les serrures. Il prend parfois la forme d'un jeu de clefs particulières.

Musée de l'Outil et des métiers- le serrurier - le rossignol photo (c) JM Bergougniou

Serrurier est un métier qui englobe certaines activités liées à la sécurité et la construction métallique, en particulier les serrures.


Musée de l'Outil et des métiers- le serrurier - serrure photo (c) JM Bergougniou


Une serrure est un mécanisme de fermeture (d’une porte, d’un véhicule) qui ne peut être ouvert que par une clef ou une combinaison correspondante.

Musée de l'Outil et des métiers- le serrurier - trousseaux photo (c) JM Bergougniou


Les premières portes ont été sécurisées par l’invention du verrou, simple tige de bois (le pêne) poussée dans une ouverture dans le montant fixe (la gâche). Les Égyptiens inventèrent le verrou à loquet tombant apparu il y a 7 000 ans.



serrure de porte de grenier Dogon photo JM Bergougniou
 Ce verrou étant facilement manipulable, on eut l’idée de bloquer celui-ci par une cheville mobile de bois : c’est la naissance de la serrure.
Les serrures Dogon / Bambara présentent une grande variété de formes et de motifs décoratifs.

serrure de porte de grenier Dogon - les trous cachés quand le serrures est fermée permettent de rentrer la clé.
 photo JM Bergougniou



Chez les Dogon, beaucoup de temps et d'énergie sont consacrés à l'agriculture. Un grand nombre de greniers à grains signifie richesse, sécurité, abondance. Dès lors, il n'est pas étonnant que ceux-ci soient fermés par des portes et des serrures très ornées.
clé de serrure de porte de grenier Dogon photo JM Bergougniou
Au-delà du simple aspect fonctionnel de ces objets, c'est toute une symbolique qui est véhiculée au travers d'elles, et chacune est porteuse d'un message qu'il faut redécouvrir.











Les serrures sont construites sur le même principe : une partie verticale, et un coulisseau horizontal.  La clef de la serrure est passée dans le coulisseau, le nombre et l'écartement des clous permettent l'ouverture. Les serrures, sont renforcées d'un système de protection étroitement lié à leur propre symbolisme. Les représentations que l'on retrouvent sur ces serrures établissent l'appartenance du propriétaire à un clan et montrent sa position sociale. Toutes les serrures possédaient un nom en rapport avec le message qu'elle transmettait, une personne ou une histoire racontant la vie ou un épisode de la vie du propriétaire

clé de serrure de porte de grenier Dogon photo JM Bergougniou

clé de serrure de porte de grenier Dogon photo JM Bergougniou

Pour déverrouiller cette cheville, on fabriqua un outil comportant une dent (tige de fer) qui permettait de soulever la cheville. Puis, par déduction, on comprit alors que si cette tige avait plusieurs dents, elle pourrait soulever plusieurs chevilles : la clé était née.



La serrure néolithique celtique en métal (bronze, cuivre) évolue avec l'apparition de la clé à ressort puis de celle par retrait de lames à ressort et translation. Les Romains étaient déjà au fait du travail du fer et du forgeage des métaux et c'est à l'époque gallo-romaine que seront inventées la serrure dite « laconienne » puis la serrure à rotation encore utilisée
C’est au 17e siècle que la serrurerie devient un art : l’artisan serrurier était alors seul maître de son art selon les règles corporatives édictées en 1650 sous le règne de Louis XIV et en vigueur jusqu'à la fin de l'Ancien régime. 




Musée de l'Outil et des métiers- le serrurier - le rossignol photo (c) JM Bergougniou

À cette époque les premiers ateliers de serrurerie voient le jour, notamment dans le Vimeu en Picardie qui devint le berceau de la serrurerie en France.

Musée de l'Outil et des métiers- le serrurier - meuleuse photo (c) JM Bergougniou

Il existe différents types de serrures :
La serrure à garnitures utilise des pièces de métal fixes (les garnitures) dont la disposition doit correspondre au motif du panneton de la clef afin que celle-ci puisse tourner ;

Musée de l'Outil et des métiers- le serrurier - limes photo (c) JM Bergougniou


La serrure à gorges est équipée de pièces métalliques montées sur un pivot (les gorges), levés à une certaine hauteur par la rotation du panneton de la clef ;

Musée de l'Outil et des métiers- le serrurier - photo (c) JM Bergougniou

La serrure à goupilles, encore appelée serrure de Yale (du nom de son inventeur), utilise une série de goupilles (broches) de différentes tailles, pour bloquer l’ouverture sans l’introduction de la clef correspondante ;

Musée de l'Outil et des métiers- queue de rat - photo (c) JM Bergougniou


La serrure tubulaire est un type de serrure dans laquelle les goupilles sont disposées de façon circulaire par rapport au cylindre ;

La serrure à pompe, souvent appelée serrure de sécurité, est un mécanisme cylindrique muni de plusieurs ailettes indépendantes coulissant suivant l'axe du cylindre ;

Musée de l'Outil et des métiers- poignées/ bec-de-cane - photo (c) JM Bergougniou

En termes de serrurerie, le bec-de-cane est une espèce de petite serrure qui ne ferme pas à clef et qu'on ouvre en tournant un bouton en olive ou plat. Ce bouton termine une tige qui est perpendiculaire au panneau et entre dans la serrure pour en mouvoir le pêne. Le bec-de-cane qui sert à fermer et ouvrir les portes de cabinet est pourvu de deux boutons qui saillent sur chaque face de la porte.

Fin xviiie siècle, le Bec-de-cane est une petite serrure à demi-tour, avec ou sans cloison, qui ouvre par le moyen d'une boucle ou d'un bouton simple ou double; On distingue plusieurs sortes de becs-de-canes par rapport à leur forme, à leur qualité, et à l'usage qu'on en fait


La serrure à crémone est un élément de fermeture ;
La serrure biométrique est un système qui utilise les mesures d'empreinte, de rétine, de contour des mains ou tout autre mécanisme ayant pour clé principale un trait unique à une personne (on pourrait penser à l'empreinte vocale, l'adn, etc.) pour identifier les personnes dont l'accès est autorisé ;




Musée de l'Outil et des métiers- le serrurier - photo (c) JM Bergougniou

La serrure à secret ou serrure à piège et à secret est une serrure dont le fonctionnement de l’ouverture est seul connu du propriétaire ;

Musée de l'Outil et des métiers- le serrurier - photo (c) JM Bergougniou

La serrure à disque est une serrure qui utilise des disques rotatifs comme mécanisme de déverrouillage au lieu de goupilles (notamment pour les serrures à combinaison).

Musée de l'Outil et des métiers- le serrurier - photo (c) JM Bergougniou

Petit fils du Roi-Soleil, Louis XVI prend la place de son père en 1774. Le jeune souverain était timide et réservé dès son accession au trône. Au faste et à la mondanité, il préfère se retirer dans sa forge royale. Il y conçoit des clefs, des serrures ainsi que des cadenas. 














Aux fêtes et innombrables divertissements de Versailles, il préfère le cadre plus calme de son atelier situé dans les étages supérieurs. Dans les appartements du roi, il y avait une bibliothèque à partir de laquelle le souverain accomplissait ses devoirs de dirigeant politique. À cet endroit, il accomplissait avec minutie la tenue des comptes de l’État, mais également ses comptes personnels. À l’étage de dessus se trouvaient ses ateliers. Parallèlement à la chasse, la serrurerie était alors la distraction favorite du roi. Cet art alors très physique ne lui faisait pas peur. L’homme appréciait même se dépenser à forger le fer.

vendredi 24 juillet 2020

Des noms d'oiseaux - Musée de l'Outil et des Métiers - Tinténiac - la colombe

Des noms d'oiseaux - Musée de l'Outil et des Métiers 
la Colombe

Tinténiac - Musée de l'Outil et des Métiers - Colombe - photo JM Bergougniou 

La colombe est un rabot fixe, sur trépied, à usage des tonneliers et des emballeurs. La colombe du tonnelier est le plus grand de tous les rabots, il peut atteindre 1,50 mètre.



Tinténiac - Musée de l'Outil et des Métiers - Colombe - photo JM Bergougniou

Retourné, il repose incliné sur un trépied, le taillant en haut. Quand il a quatre pieds, il est horizontal. La plupart des colombes sont taillées dans un quartier de cormier pris à cœur.

Pour protéger le fer et éviter la détérioration, certains artisans recouvrent la colombe d’un couvercle, maintenu avec des charnières en cuir.


Tinténiac - Musée de l'Outil et des Métiers - Plane - photo JM Bergougniou

Après le travail à la plane, le tonnelier termine la douve sur la colombe. Il l’utilise pour biseauter les longs côtés de la douve. Au lieu de faire courir un rabot sur le bois, il déplace la douve sur la colombe.

Ce biseau détermine la forme définitive du tonneau ; cet angle doit toujours être rayonnant par rapport à la circonférence du tonneau fini.

 Musée de l'Outil et des Métiers - 
Calibres-
photo JM Bergougniou


Pour jauger si les douves sont au bon angle, le tonnelier utilise des calibres de toutes sortes et de toutes tailles.